[{"data":1,"prerenderedAt":319},["ShallowReactive",2],{"species-gardon":3,"species-related-12":128,"species-products-12":317},{"data":4},{"id":5,"commonName":6,"scientificName":7,"slug":8,"description":9,"shortDescription":10,"averageLengthCm":11,"maxLengthCm":12,"averageWeightKg":13,"maxWeightKg":14,"habitats":15,"diet":22,"behavior":28,"spawningMonths":29,"distribution":33,"conservationStatus":34,"isInvasive":35,"isProtected":35,"metaTitle":36,"metaDescription":37,"aliases":38,"externalLinks":38,"createdAt":39,"updatedAt":40,"family":41,"waterType":42,"dietType":43,"activityPattern":44,"lifespanYearsMin":45,"lifespanYearsMax":46,"maturityAgeYearsMin":47,"maturityAgeYearsMax":48,"depthMinM":49,"depthMaxM":50,"optimalDepthMinM":51,"optimalDepthMaxM":48,"idealTemperatureC":50,"temperatureMinC":48,"temperatureMaxC":52,"peakMonths":53,"bestHours":38,"identification":60,"depthBySeason":79,"techniques":96,"recordWeightKg":38,"recordLengthCm":38,"recordLocation":38,"recordYear":38,"linkedTutorialIds":38,"regulations":110,"images":116},12,"Gardon","Rutilus rutilus","gardon","\u003Ch2>Le gardon (Rutilus rutilus), poisson roi de la pêche au coup en France\u003C/h2>\n\u003Cp>Difficile de trouver un poisson plus emblématique du paysage halieutique français que le gardon (\u003Cem>Rutilus rutilus\u003C/em>, Linné 1758). Cyprinidé de la famille des \u003Cstrong>Leuciscidés\u003C/strong>, il est de très loin l'espèce la plus pêchée dans nos eaux douces, l'étalon historique de la pêche au coup et l'un des principaux poissons-fourrage de tous les carnassiers. Présent dans la quasi-totalité des cours d'eau lents, des canaux, des étangs, des lacs et des grandes rivières de plaine, le gardon est l'incarnation même du « poisson blanc » et le compagnon de millions de pêcheurs de tous niveaux.\u003C/p>\n\u003Cp>Sur le plan biologique, il est classé en préoccupation mineure (LC) par l'UICN, avec des populations stables sur l'essentiel de son aire de répartition. En France, il n'est ni protégé, ni soumis à une taille légale minimale, ce qui en fait l'une des espèces les plus accessibles, autant pour les concours du dimanche que pour les amorçages d'entraînement. Mais derrière cette banalité apparente se cache un poisson techniquement passionnant : méfiant, capricieux, capable de mettre en échec les meilleurs pêcheurs, et particulièrement fin à amorcer dans les grands canaux ou les bordures plates.\u003C/p>\n\n\u003Ch2>Reconnaître un gardon à coup sûr\u003C/h2>\n\u003Cp>Le gardon présente un corps fusiforme, modérément haut, latéralement comprimé, qui lui donne une silhouette élégante et hydrodynamique. La taille usuelle des sujets capturés se situe entre 15 et 25 centimètres, mais l'espèce peut dépasser 35 cm dans les bons milieux et atteindre exceptionnellement 50 cm. La tête est petite, la bouche en position \u003Cstrong>terminale\u003C/strong>, légèrement protractile, parfaitement adaptée à un régime omnivore qui mêle proies de pleine eau et alimentation de fond.\u003C/p>\n\u003Cp>La robe affiche un dos vert-bleuté à brun olive, des flancs argentés à reflets dorés selon la lumière, et un ventre blanc nacré. Mais le critère d'identification immédiat est ailleurs : le gardon porte une \u003Cstrong>tache rouge vif sur l'iris\u003C/strong>, juste au-dessus de la pupille, qui lui vaut son surnom de « poisson à l'œil rouge ». Cette pigmentation iridienne, plus ou moins marquée selon les populations, est l'un des moyens les plus rapides de l'identifier en bordure. Les nageoires pelviennes et anales sont teintées de rouge orangé, plus pâles que celles du rotengle.\u003C/p>\n\u003Cp>La confusion la plus fréquente concerne d'ailleurs le \u003Cstrong>rotengle\u003C/strong> (\u003Cem>Scardinius erythrophthalmus\u003C/em>), qui partage la même teinte argentée et porte aussi des nageoires rouges. Pour les distinguer, plusieurs critères font foi. Chez le gardon, la bouche est terminale, la dorsale s'implante \u003Cstrong>à l'aplomb des pelviennes\u003C/strong>, on compte 4 à 5 écailles entre pelvienne et anale, et la robe reste argentée. Chez le rotengle, la bouche est nettement supère, la dorsale est plus reculée, on ne compte que 1 à 2 écailles entre pelvienne et anale, et la robe a tendance à virer au doré-cuivré. Une confusion avec l'ablette est aussi possible chez les jeunes sujets : le gardon a un corps plus haut et un œil rouge, l'ablette une bouche supère et un argent plus pur.\u003C/p>\n\u003Cp>Particularité anatomique remarquable : la \u003Cstrong>ligne latérale\u003C/strong> du gardon est complète et porte 39 à 48 écailles, un compte qui sert encore aux ichtyologues à distinguer les hybrides souvent rencontrés (gardon × rotengle, gardon × brème), qui restent féconds et peuvent compliquer les déterminations en milieu eutrophe.\u003C/p>\n\n\u003Ch2>Taille, poids et longévité\u003C/h2>\n\u003Cp>La grande majorité des gardons mesurent entre 10 et 30 centimètres pour 50 à 400 grammes. Au-delà, les beaux sujets, recherchés par les pêcheurs au coup, dépassent souvent les 500 grammes. La taille maximale documentée par FishBase est de 50 cm, et des individus de plus d'\u003Cstrong>1,5 kilogramme\u003C/strong> ne sont pas rares dans les grands lacs naturels ou les retenues fertiles d'Europe du Nord. Les records européens approchent \u003Cstrong>2,4 à 2,5 kg\u003C/strong>, principalement issus de lacs allemands, anglais et finlandais, sans qu'aucun record IGFA ne soit homologué de façon officielle pour l'espèce.\u003C/p>\n\u003Cp>La longévité s'établit en moyenne entre 8 et 12 ans, avec des cas avérés à plus de 15 ans dans des lacs peu pêchés. La croissance est rapide les trois premières années (5-7 cm puis 10-15 puis 18-22 cm), puis ralentit nettement après la maturité sexuelle. Le dimorphisme sexuel est discret hors période de reproduction. Au moment du frai, en revanche, les mâles arborent de petits \u003Cstrong>tubercules nuptiaux blancs\u003C/strong> en grain de millet sur la tête, la nuque et l'avant du dos, tandis que les femelles, plus rondes, montrent un ventre nettement dilaté par la masse ovarienne.\u003C/p>\n\n\u003Ch2>Habitat et répartition géographique\u003C/h2>\n\u003Cp>L'aire de répartition du gardon couvre presque toute l'Europe au nord des Pyrénées et des Alpes, jusqu'à l'Oural et à la Sibérie occidentale, ainsi que des régions d'Asie de l'Ouest. Il a été introduit avec succès en Espagne, en Irlande, en Italie du Nord et dans plusieurs régions d'Australie où il colonise désormais largement les milieux ouverts. En France, il est présent dans tous les bassins versants et reste l'une des espèces les plus communes des plans d'eau de plaine.\u003C/p>\n\u003Cp>Le gardon est l'un des poissons d'eau douce les plus \u003Cstrong>écologiquement tolérants\u003C/strong> d'Europe. Il accepte une large gamme de températures (avec une mortalité au-delà de 31 °C), supporte des eaux modérément eutrophes, des taux d'oxygène faibles et même une légère salinité, ce qui lui permet de fréquenter certaines zones saumâtres des estuaires baltes ou nordiques. Il privilégie les habitats suivants :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>les zones lentes des rivières de plaine et leurs bordures herbeuses\u003C/li>\n\u003Cli>les canaux, les biefs, les retenues collinaires et les grands lacs\u003C/li>\n\u003Cli>les étangs riches en herbiers, en bordure de roselières et de queues d'étang\u003C/li>\n\u003Cli>les fosses, les épis et les abords d'ouvrages sur les fleuves\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Espèce \u003Cstrong>grégaire\u003C/strong>, le gardon vit en bancs de tailles variables, des petites bandes de juvéniles serrés en bordure aux grandes colonnes de gros sujets qui circulent en pleine eau à mi-profondeur. La présence de bancs en activité est l'un des meilleurs marqueurs de la richesse trophique d'un milieu.\u003C/p>\n\n\u003Ch2>Alimentation et comportement alimentaire\u003C/h2>\n\u003Cp>Le gardon est un \u003Cstrong>omnivore opportuniste\u003C/strong> dont le régime évolue fortement avec l'âge. L'alevin se nourrit exclusivement de zooplancton fin (rotifères, copépodes, daphnies juvéniles) durant les premières semaines. Dès quelques centimètres, le juvénile élargit son spectre avec des cladocères, des larves de chironomes, des micro-crustacés des herbiers et des chironomes émergents.\u003C/p>\n\u003Cp>L'adulte consomme une part importante d'\u003Cstrong>invertébrés benthiques\u003C/strong> : larves d'éphémères, de trichoptères, de phryganes, gammares, aselles, vers et petits mollusques (limnées, planorbes). À cela s'ajoute une part végétale non négligeable, notamment de la \u003Cstrong>matière algale\u003C/strong> et des fragments d'hélophytes broutés sur le substrat, ainsi que des graines tombées dans l'eau (chénopodes, graines de roselière). Cette plasticité alimentaire explique sa résistance à l'eutrophisation et sa capacité à coloniser des milieux dégradés où d'autres cyprinidés régressent.\u003C/p>\n\u003Cp>Le comportement est typiquement \u003Cstrong>diurne avec des pics aube-crépuscule\u003C/strong>, et les bancs alternent entre des phases de mouvement actif en pleine eau et des phases de fouille sur le fond. C'est cette double activité qui rend la pêche au coup si technique : il faut souvent ajuster la profondeur, la finesse de la ligne et le tempo de l'amorçage pour caler les poissons à la bonne strate. Le gardon est aussi le poisson-fourrage majeur de la plupart des carnassiers français (brochet, sandre, perche, silure, mais aussi grand cormoran, héron, grèbe huppé) et constitue à ce titre une pièce maîtresse de la chaîne alimentaire dulcicole.\u003C/p>\n\n\u003Ch2>Reproduction et frai\u003C/h2>\n\u003Cp>Le frai du gardon a lieu entre \u003Cstrong>avril et juin\u003C/strong>, parfois jusqu'en juillet selon les latitudes et l'altitude, dès que la température de l'eau atteint et dépasse durablement \u003Cstrong>12 °C\u003C/strong>. Les bancs migrent vers des hauts-fonds chauds : bordures herbeuses, roselières, racines de saules immergées, frayères graveleuses peu profondes. Les pontes sont déposées en plusieurs vagues, sur la végétation immergée, où les œufs adhèrent par millions.\u003C/p>\n\u003Cp>La fécondité varie de \u003Cstrong>50 000 à 300 000 œufs\u003C/strong> par femelle selon sa taille, soit l'une des plus élevées de la faune dulcicole française. Les œufs, légèrement adhésifs, mesurent 1 à 1,5 mm. L'incubation dure de 4 à 10 jours selon la température (≈ 80 à 100 degrés-jours), particulièrement courte pour un cyprinidé. À l'éclosion, les larves restent quelques jours fixées à la végétation par leur ventouse céphalique avant de gagner la zone littorale et de commencer à se nourrir de zooplancton.\u003C/p>\n\u003Cp>La maturité sexuelle est atteinte vers 2-3 ans chez les mâles et 3-4 ans chez les femelles. La survie des alevins reste fortement liée à la qualité des frayères : \u003Cstrong>roselières, herbiers riverains, hélophytes\u003C/strong>. La dégradation des berges, les variations brutales de niveau, la disparition des zones humides connexes et l'eutrophisation aiguë sont les principales causes d'échec du recrutement. Préserver les bordures naturelles est l'enjeu central pour le maintien des populations.\u003C/p>\n\n\u003Ch2>Pêche du gardon : techniques, périodes et matériel\u003C/h2>\n\u003Ch3>Les meilleures saisons\u003C/h3>\n\u003Cp>Le gardon se pêche pratiquement toute l'année. Le \u003Cstrong>printemps\u003C/strong>, après le frai, marque la reprise massive de l'alimentation : bancs affamés en bordure, gros sujets accessibles à la grande canne. L'\u003Cstrong>été\u003C/strong> reste très productif aux heures fraîches, notamment tôt le matin et en soirée, avec une activité plus lente l'après-midi quand l'eau dépasse 25 °C. L'\u003Cstrong>automne\u003C/strong> est traditionnellement la grande saison du gardon en France : eaux fraîches, poissons groupés et appétits affirmés, idéal pour les concours et la pêche fine. En \u003Cstrong>hiver\u003C/strong>, le gardon devient plus difficile, se concentre dans les fosses et exige des amorces très peu nourrissantes, des esches minuscules (joker, vase de mouille) et une grande patience.\u003C/p>\n\u003Ch3>Techniques de prédilection\u003C/h3>\n\u003Cp>La \u003Cstrong>pêche au coup à la grande canne\u003C/strong> est la méthode reine : ligne fine (8 à 12/100 corps, 6 à 10/100 bas de ligne), flotteur sensible, plombée étalée, amorçage régulier à la coupelle. C'est la technique des concours, des Saint-Vincent et des grandes parties. La \u003Cstrong>pêche à l'anglaise\u003C/strong> au waggler s'impose dès qu'il faut atteindre des bancs de pleine eau ou pêcher à mi-profondeur, en lac ou en canal large. La \u003Cstrong>pêche au feeder léger\u003C/strong>, importée d'outre-Manche, permet de cibler les gros gardons sur des distances de 20 à 40 mètres, avec des amorces de fond très précises. Plus récemment, la \u003Cstrong>pêche à la bolognaise\u003C/strong> en rivière à courant modéré complète la panoplie. Côté esches : asticot, pinkie, ver de vase (joker), chènevis, blé, maïs doux, pâte de farine.\u003C/p>\n\u003Ch3>Le matériel\u003C/h3>\n\u003Cp>Une canne au coup de 7 à 10 mètres en action fine, ou une canne anglaise de 13 pieds en action légère, couvre la plupart des situations. Pour l'anglaise et le feeder, un petit moulinet garni en 14 à 18/100 suffit. Le bas de ligne reste fin (6 à 10/100 fluorocarbone) pour ne pas effaroucher les bancs en eau claire. Une \u003Cstrong>épuisette à long manche\u003C/strong> est indispensable pour les grands sujets, et un seau d'amorce de qualité reste l'un des investissements les plus rentables : la pêche du gardon est d'abord celle qui sait fixer un banc, le retenir et l'exciter sans le rassasier.\u003C/p>\n\n\u003Ch2>Réglementation de la pêche du gardon en France\u003C/h2>\n\u003Cp>Le gardon ne figure pas dans la liste des espèces soumises à une taille légale minimale de capture en France, et aucun quota journalier n'est imposé au niveau national. La pratique reste néanmoins encadrée par les règles générales de chaque catégorie piscicole.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>2e catégorie\u003C/strong>, qui couvre l'immense majorité des plans d'eau et des grands cours d'eau où le gardon est présent, la pêche est ouverte toute l'année, du lever au coucher du soleil, sous réserve de la carte de pêche valide. En \u003Cstrong>1re catégorie\u003C/strong>, plus marginale pour cette espèce, sa capture suit l'ouverture générale, soit du deuxième samedi de mars au troisième dimanche de septembre. Pour 2026, cela correspond à une ouverture le \u003Cstrong>14 mars 2026\u003C/strong> et une fermeture le \u003Cstrong>20 septembre 2026\u003C/strong>. Comme toujours, les arrêtés préfectoraux peuvent restreindre localement les techniques ou les esches : il est indispensable de consulter le règlement de la fédération départementale et de l'AAPPMA concernée avant chaque sortie.\u003C/p>\n\n\u003Ch2>Statut de conservation et menaces\u003C/h2>\n\u003Cp>Le gardon reste l'une des espèces les plus abondantes et les plus stables d'Europe occidentale, et son statut UICN de préoccupation mineure ne devrait pas évoluer à court terme. Plusieurs facteurs locaux pèsent toutefois sur ses populations. L'\u003Cstrong>eutrophisation excessive\u003C/strong> entraîne des blooms algaux et des chutes d'oxygène nocturnes parfois fatales aux alevins. La \u003Cstrong>dégradation des berges\u003C/strong> et la disparition des hélophytes réduisent drastiquement les surfaces de frayères. Le \u003Cstrong>parasite Ligula intestinalis\u003C/strong>, un cestode dont le gardon est l'hôte intermédiaire, peut provoquer des mortalités spectaculaires dans certains plans d'eau, en altérant la flottaison et l'équilibre des poissons infectés.\u003C/p>\n\u003Cp>S'y ajoutent la prédation accrue par le \u003Cstrong>grand cormoran\u003C/strong>, particulièrement marquée sur les juvéniles en hiver, et les effets du changement climatique qui décalent les frais et augmentent la fréquence des épisodes d'anoxie estivale. Les perspectives demeurent toutefois positives, notamment dans les bassins où les fédérations de pêche réimplantent des hélophytes, restaurent les berges et préservent les annexes hydrauliques. 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