La pêche de la dorade à la pierre est une technique traditionnelle méditerranéenne destinée principalement à la dorade royale. Pratiquée depuis un bateau au mouillage, elle utilise une pierre plate comme lest afin de faire descendre une ou plusieurs moules jusqu’à un poste profond.
Son fonctionnement est très différent d’une pêche à soutenir classique. La pierre est fixée provisoirement sous l’appât, tandis que l’hameçon est dissimulé dans la chair de la moule. Lorsque la dorade décroche la bouchée, l’appât se libère de la pierre et la tension de la ligne diminue brusquement.
Cette technique paraît rudimentaire, mais elle demande une grande précision. Le choix du poste, le positionnement du bateau, la préparation de la moule, la tension de la ligne et la lecture du scion conditionnent directement les résultats.
Dans ce guide complet, vous apprendrez à réaliser un montage pour la pêche de la dorade à la pierre, choisir le matériel, préparer les moules, détecter les touches et pratiquer cette méthode traditionnelle dans de bonnes conditions.
Qu’est-ce que la pêche de la dorade à la pierre ?
La pêche à la pierre est une pêche à l’appât pratiquée depuis une embarcation immobilisée au-dessus d’un poste précis. Elle repose sur un montage volontairement simple :
un corps de ligne en nylon ou en tresse ;
un bas de ligne discret ;
un hameçon simple, parfois un petit triple selon les habitudes locales ;
une ou plusieurs moules entrouvertes ;
une pierre plate utilisée comme lest temporaire ;
un lien permettant de solidariser provisoirement la pierre et l’appât.
La pierre conduit l’ensemble jusqu’au fond sans imposer un plomb métallique permanent sur la ligne. Lorsque la dorade arrache la moule, l’hameçon et l’appât se séparent du lest.
Cette libération provoque un changement brutal de tension. Le scion, jusque-là légèrement courbé, revient vers sa position naturelle. Le pêcheur doit reconnaître ce redressement et ferrer avant que la dorade ne recrache l’appât.
Le principe essentiel : en pêche à la pierre, la touche se lit souvent comme un relâchement de la ligne et non comme une traction classique.
Pourquoi utiliser une pierre plutôt qu’un plomb ?
La pierre joue plusieurs rôles dans le montage.
Faire descendre un appât volumineux
Une moule entrouverte offre une forte résistance dans l’eau. La pierre apporte la masse nécessaire pour la conduire rapidement au fond, même sur un poste profond.
Protéger l’eschage pendant la descente
Correctement assemblées, la pierre et les coquilles forment un ensemble compact. La chair de la moule reste relativement protégée pendant la traversée de la colonne d’eau.
Libérer l’appât lors de la touche
Lorsque la dorade décroche la moule, le lest ne reste pas directement solidaire de l’hameçon. Le poisson prend ainsi une bouchée plus légère qu’avec un montage plombé classique.
Créer une touche particulière
La séparation entre la pierre et l’appât détend la ligne. Cette modification visible au scion permet de détecter une dorade qui ne produit pas nécessairement un départ franc.
Quelle espèce recherche-t-on principalement ?
La dorade royale
La dorade royale est la cible emblématique de la technique. Sa dentition puissante lui permet de broyer les coquillages et d’extraire facilement la chair d’une moule.
Elle fréquente notamment les zones riches en coquillages, les têtes de roche, les plateaux mixtes et certains reliefs profonds.
La vérade ou dorade grise
Les dorades grises peuvent également saisir les moules présentées à la pierre. Elles se déplacent parfois en groupes plus importants et peuvent occuper une couche légèrement décollée du fond.
Les autres sparidés
Selon le secteur, des pagres, sars ou autres poissons de fond peuvent prendre l’appât. La technique reste néanmoins fortement orientée vers la dorade royale et les sparidés capables d’exploiter les coquillages.
Où pratiquer la pêche à la pierre ?
Cette pêche demande un poste précis, généralement accessible uniquement en bateau. Une zone présentant simplement une grande profondeur ne suffit pas.
Les têtes de roche
Une roche isolée entourée de sable ou de vase constitue un repère privilégié. Les coquillages, crustacés et autres organismes fixés y attirent régulièrement les dorades.
Prospectez le sommet, le pied et les côtés soumis au courant.
Les plateaux coquilliers
Les fonds portant des moules, coquilles et débris calcaires offrent une nourriture naturelle abondante. Ils sont particulièrement cohérents avec une présentation utilisant une moule.
Les épaves
Une épave concentre les organismes marins et crée des ruptures de relief. Les dorades peuvent se tenir autour de la structure plutôt que directement à l’intérieur.
Le bateau doit être positionné de manière à présenter l’appât près de l’épave sans laisser le bas de ligne se bloquer dans les tôles, câbles ou débris.
Les cassures et tombants
Une rupture de profondeur peut servir de voie de déplacement et de zone d’alimentation. Recherchez les parties où le fond change de nature ou forme une petite marche.
Les zones colonisées par les coquillages
La présence de moules ou d’autres bivalves constitue un indice majeur. Les dorades peuvent revenir régulièrement sur ces secteurs pour se nourrir.
À quelle profondeur pêcher ?
Les pratiques traditionnelles décrivent fréquemment des postes situés entre 40 et 80 mètres. Cette plage correspond à de nombreux secteurs méditerranéens prospectés en automne et en hiver.
Elle ne doit cependant pas devenir une règle rigide. La profondeur productive dépend :
du relief local ;
de la température de l’eau ;
de la saison ;
des déplacements des dorades ;
de la nourriture disponible ;
de la pression de pêche ;
de la force du courant.
Le point déterminant reste la précision du placement. Un écart de quelques dizaines de mètres peut suffire pour présenter l’appât en dehors de la zone fréquentée.
À quelle saison pratiquer cette technique ?
En automne
L’automne est une période traditionnelle pour cette pêche. Les dorades peuvent se regrouper sur certains reliefs et zones profondes riches en nourriture.
Les premières baisses de température peuvent modifier leurs déplacements et concentrer les poissons sur des postes précis.
En hiver
La pêche à la pierre reste pratiquée pendant l’hiver lorsque les dorades demeurent présentes sur les profondeurs accessibles.
Les fenêtres météorologiques sont souvent plus courtes. La sortie doit être organisée autour d’une mer calme et d’un vent faible.
Au printemps et en été
La technique reste possible lorsque les poissons occupent les postes concernés, mais elle est souvent moins représentative des pratiques traditionnelles profondes d’automne et d’hiver.
À la belle saison, les dorades peuvent se répartir sur d’autres profondeurs, dans les lagunes, les embouchures ou sur des secteurs côtiers.
Quelles conditions météorologiques privilégier ?
La pêche à la pierre demande une grande stabilité. L’eschage est fragile et les touches se lisent principalement au scion.
Une mer calme
Les vagues font continuellement travailler la canne et peuvent masquer le redressement du scion. Une mer peu agitée facilite donc la détection.
Un vent faible
Le vent déplace le bateau au mouillage, crée de la bannière et complique le maintien de la ligne sous l’embarcation.
Un courant modéré
Un courant trop fort forme un arc important dans la ligne. Le montage ne descend plus directement et la touche devient difficile à interpréter.
Lorsque l’angle devient excessif, mieux vaut changer de poste, attendre une phase plus calme ou reporter la session.
Condition prioritaire : cette technique doit être réservée aux journées permettant de rester correctement positionné et de maintenir une légère tension sans lutter constamment contre le vent, les vagues ou le courant.
Pourquoi le positionnement du bateau est-il essentiel ?
Les concentrations de dorades peuvent occuper une zone très restreinte. Le bateau doit être mouillé de manière que les lignes descendent exactement sur le relief recherché.
Le positionnement dépend de plusieurs éléments :
la direction du vent ;
la direction du courant ;
la profondeur ;
la longueur de mouillage ;
le rayon d’évitage du bateau ;
la position exacte du relief.
Utiliser le GPS
Le GPS permet d’enregistrer les zones productives, de préparer l’approche et de reproduire un positionnement après une capture.
Utiliser le sondeur
Le sondeur aide à identifier une tête de roche, une cassure, une épave ou un changement de nature du fond.
Il peut également montrer des poissons décollés, mais la présence d’échos ne garantit pas qu’il s’agisse de dorades en alimentation.
Anticiper l’évitage
Après le mouillage, le bateau se place sous l’effet du vent et du courant. Il faut donc déposer l’ancre en amont de la zone et anticiper la position finale de l’embarcation.
Quel matériel utiliser pour la pêche à la pierre ?
La canne
La canne doit permettre de voir une détente légère tout en possédant une réserve suffisante pour ferrer à grande profondeur.
Recherchez principalement :
une longueur facilitant un ferrage ample ;
un scion sensible et bien visible ;
une action progressive ;
une réserve de puissance suffisante ;
un poids raisonnable pour pêcher canne en main.
Une canne d’environ 2,70 à 3,50 mètres peut convenir selon le bateau et les habitudes du pêcheur. Les modèles traditionnels peuvent être plus longs, tandis qu’une embarcation compacte impose parfois une canne plus maniable.
La canne ne doit pas être excessivement raide. Un scion trop puissant transmet mal la détente caractéristique de la touche.
Le moulinet
Un moulinet spinning robuste, doté d’une capacité suffisante et d’un frein progressif, convient à cette pêche.
Il doit permettre :
de contenir suffisamment de ligne pour la profondeur ;
de récupérer rapidement la bannière ;
de combattre une dorade puissante ;
de fonctionner correctement après une exposition au sel.
Nylon ou tresse ?
Les deux sont utilisables.
Le nylon apporte de l’élasticité et peut stabiliser la présentation dans une mer légèrement agitée. Cette élasticité demande toutefois un ferrage ample à grande profondeur.
La tresse offre une meilleure sensibilité et réduit le diamètre exposé au courant. Sa faible élasticité demande une canne progressive et un frein correctement réglé.
Le bas de ligne
Le bas de ligne doit rester discret tout en résistant aux coquillages et aux frottements du fond.
Une longueur comprise approximativement entre 1,50 et 3 mètres constitue un repère traditionnel. Elle doit être adaptée au courant et à la capacité du pêcheur à contrôler le montage.
Un bas de ligne trop long augmente la bannière et les risques d’emmêlement. Un modèle trop court rapproche la ligne principale et ses vibrations de l’appât.
Quel diamètre de fil choisir ?
Les montages traditionnels emploient souvent des lignes relativement fines afin de limiter la prise au courant et la méfiance des poissons.
Le diamètre doit néanmoins tenir compte :
de la profondeur ;
des roches et coquillages ;
de la taille des dorades ;
de la force du courant ;
du matériau utilisé ;
de l’élasticité de la canne ;
de la présence éventuelle d’une épave.
Un bas de ligne excessivement fin peut casser au ferrage ou au premier contact avec le relief. Utilisez la finesse nécessaire, mais conservez une marge cohérente avec le poste.
Quel hameçon utiliser ?
L’hameçon simple
L’hameçon simple constitue l’option la plus courante et la plus facile à manipuler. Un modèle renversé, solide et très piquant permet de coudre la moule tout en conservant une pointe dégagée.
Sa taille doit être adaptée au volume de l’eschage. Des tailles proches de 4 à 8 couvrent de nombreux montages traditionnels, mais la numérotation varie selon les fabricants.
Le petit hameçon triple
Certains pêcheurs emploient un petit triple piqué dans le muscle de la moule. Il peut améliorer les chances de piqûre lorsqu’une dorade racle la chair.
Le triple demande cependant davantage de précautions :
il accroche plus facilement les coquilles ;
il complique le décrochage ;
il augmente les risques de blessure pendant la manipulation ;
son utilisation doit respecter la réglementation applicable.
Pour débuter, un hameçon simple fort de fer et parfaitement affûté constitue généralement la solution la plus claire.
Comment choisir la pierre ?
La pierre doit être suffisamment lourde pour conduire l’appât au fond et assez plate pour maintenir correctement les moules.
La forme
Privilégiez une pierre :
relativement plate ;
sans arête coupante ;
facile à entourer avec le lien choisi ;
proportionnée au volume des moules ;
suffisamment compacte pour descendre sans tournoyer excessivement.
Le poids
Des pierres d’environ 150 à 300 g sont traditionnellement employées sur les profondeurs importantes. Le poids exact dépend du courant, de la profondeur et de la taille de l’eschage.
La meilleure pierre est la plus légère qui permet encore :
d’atteindre le fond sans dérive excessive ;
de protéger l’appât pendant la descente ;
de conserver une ligne suffisamment directe ;
de lire correctement la détente du scion.
Précautions concernant la provenance
Utilisez uniquement des pierres obtenues légalement. Ne prélevez pas de ballast ferroviaire, de matériaux appartenant à un ouvrage ou de galets dans une zone où leur collecte est interdite.
Préparez les pierres avant la sortie afin de ne pas perdre de temps sur le bateau.
Quel est le meilleur appât ?
La moule
La moule constitue l’appât emblématique de cette pêche. Elle correspond à la nourriture naturelle de la dorade royale et sa coquille protège partiellement la chair pendant la descente.
Choisissez des moules :
fraîches ;
bien fermées avant la préparation ;
de taille régulière ;
sans odeur anormale ;
conservées au frais jusqu’à leur utilisation.
Une ou plusieurs moules ?
Une seule belle moule peut suffire. Plusieurs coquillages peuvent être regroupés pour créer une bouchée plus importante ou améliorer la tenue autour de la pierre.
Un eschage volumineux augmente toutefois la résistance pendant la descente et demande un lest plus important.
Les autres coquillages
D’autres bivalves peuvent être employés selon les pratiques locales et la réglementation relative à leur récolte.
La moule reste néanmoins la référence en raison de sa disponibilité, de son attractivité et de la solidité de son muscle.
Comment préparer la moule ?
La moule doit être entrouverte sans séparer totalement les deux coquilles.
Insérez délicatement une lame adaptée entre les valves.
Coupez seulement le muscle nécessaire à l’ouverture.
Conservez les deux coquilles reliées.
Écartez-les suffisamment pour accéder à la chair.
Évitez de détacher ou d’écraser complètement l’appât.
Travaillez avec prudence et utilisez un support stable. Une embarcation en mouvement n’est pas l’endroit idéal pour manipuler rapidement une lame non protégée.
Comment escher la moule sur un hameçon simple ?
Le montage doit maintenir la chair sans empêcher l’hameçon de se dégager lorsque la dorade arrache la bouchée.
Piquez l’hameçon près du muscle solide de la moule.
Traversez une première portion de chair.
Réalisez un ou deux passages supplémentaires, comme des points de couture.
Dissimulez partiellement la hampe dans la chair.
Laissez la pointe parfaitement dégagée ou très légèrement couverte.
Vérifiez que la moule reste reliée à ses coquilles.
Un hameçon enfoui trop profondément risque de ne pas se dégager. À l’inverse, une chair simplement piquée en surface peut se détacher pendant la descente.
Comment assembler la moule et la pierre ?
La pierre est placée sous ou contre les coquilles, puis maintenue provisoirement avec un lien adapté.
Placez la pierre à plat.
Disposez la moule entrouverte au-dessus.
Positionnez la chair et l’hameçon de manière qu’ils restent accessibles.
Entourez l’ensemble avec un lien suffisamment ferme.
Évitez d’écraser la chair.
Vérifiez que la pierre ne peut pas se séparer pendant la descente.
Contrôlez que le bas de ligne sort librement sans être pincé.
Le lien doit résister jusqu’au fond, tout en permettant à la dorade de libérer la bouchée. Un assemblage trop serré empêche la séparation. Un montage trop lâche s’ouvre avant d’atteindre le poste.
Limiter les déchets
Évitez les liens plastiques susceptibles de rester durablement dans le milieu. Utilisez la quantité minimale nécessaire et privilégiez, lorsqu’ils sont adaptés, des matériaux conçus pour limiter la persistance des déchets.
Ne jetez jamais les morceaux de fil, emballages ou élastiques inutilisés à la mer.
Montage complet pour la pêche à la pierre
Éléments nécessaires
un corps de ligne adapté à la profondeur ;
un émerillon discret facultatif ;
un bas de ligne de 1,50 à 3 mètres environ ;
un hameçon simple robuste ;
une moule fraîche ;
une pierre plate ;
un lien de fixation ;
une épuisette.
Réalisation pas à pas
Préparez la ligne : reliez le bas de ligne au corps de ligne par un nœud fiable ou un émerillon discret.
Nouez l’hameçon : contrôlez la résistance du nœud.
Ouvrez la moule : conservez les deux valves reliées.
Cousez la chair : réalisez plusieurs passages mesurés avec l’hameçon.
Positionnez la pierre : placez-la sous les coquilles.
Fixez l’ensemble : serrez suffisamment pour la descente, sans bloquer totalement la bouchée.
Contrôlez la pointe : elle doit pouvoir piquer immédiatement.
Vérifiez le bas de ligne : aucune boucle ne doit être coincée sous la pierre.
Comment descendre le montage ?
Le montage ne se lance pas comme un plomb classique. Il est déposé délicatement à la surface près du bateau.
Placez la canne dans une position permettant de contrôler la sortie de ligne.
Déposez doucement la pierre et les moules dans l’eau.
Ouvrez le pick-up ou libérez progressivement la ligne.
Laissez l’ensemble descendre sans le freiner excessivement.
Surveillez les boucles autour des éléments du bateau.
Repérez l’arrêt de la descente lorsque la pierre atteint le fond.
Refermez le moulinet et récupérez lentement l’excédent de bannière.
Une descente trop freinée augmente le temps pendant lequel l’appât peut tourner ou se dégrader. Une descente totalement incontrôlée peut créer une perruque ou laisser la ligne passer sous le bateau.
Comment régler la tension de la ligne ?
Une fois la pierre posée, récupérez doucement jusqu’à courber légèrement le scion.
La ligne doit être :
assez tendue pour transmettre la libération de la moule ;
assez souple pour ne pas déplacer la pierre ;
stable malgré les mouvements du bateau ;
visible au niveau du scion.
Si vous tirez trop fortement, vous risquez de déplacer la pierre, de déchirer l’eschage ou de libérer prématurément l’hameçon.
Si vous conservez trop de mou, le scion ne montrera pas clairement la détente provoquée par la dorade.
Comment reconnaître une touche ?
La lecture de la touche constitue la particularité principale de la technique.
Lorsque la dorade arrache la moule de la pierre :
la tension diminue ;
le scion se redresse ;
la bannière peut se détendre ;
la ligne peut se déplacer légèrement ;
un contact peut ensuite devenir perceptible.
La touche peut aussi commencer par de petits tremblements lorsque le poisson goûte ou travaille la chair avant de décrocher la bouchée.
Ne cherchez pas uniquement un départ. Le signe le plus important est souvent le retour du scion vers sa position droite.
Quand faut-il ferrer ?
Ferez lorsque la détente indique que la bouchée vient de se libérer et que la dorade peut avoir l’hameçon en bouche.
Le ferrage doit compenser :
la profondeur ;
l’élasticité éventuelle du nylon ;
la bannière créée par le courant ;
le mou apparu lors de la touche.
Le geste correct
Saisissez fermement la canne.
Récupérez rapidement l’excédent de ligne.
Abaissez légèrement le scion si nécessaire pour prendre de l’amplitude.
Effectuez un ferrage ample et progressif.
Continuez à mouliner jusqu’à ressentir clairement le poids du poisson.
Maintenez ensuite une pression constante.
Un petit coup sec du poignet est souvent insuffisant à grande profondeur. À l’inverse, un mouvement incontrôlé peut casser un bas de ligne fin ou déséquilibrer le pêcheur.
Pourquoi pêcher canne en main ?
La canne en main permet de ressentir les petits changements de tension et de réagir rapidement au redressement du scion.
Elle offre également davantage de contrôle pour :
corriger la bannière ;
accompagner les mouvements du bateau ;
reprendre rapidement du fil ;
effectuer un ferrage ample ;
éloigner immédiatement le poisson du fond.
Multiplier les cannes réduit souvent la concentration. Une seule ligne correctement surveillée peut être plus efficace que plusieurs montages laissés sans contrôle précis.
Comment épuiser la dorade ?
L’épuisette doit être prête avant que le poisson apparaisse sous le bateau.
Maintenez la dorade sous tension.
Faites-la remonter progressivement.
Évitez de placer l’épuisette trop tôt dans sa trajectoire.
Guide-la tête la première au-dessus du filet.
Relevez l’épuisette lorsque le poisson est entièrement entré.
Ne soulevez pas une belle dorade par le bas de ligne. Le poids du poisson et ses derniers mouvements peuvent provoquer une casse immédiate.
Comment savoir si l’appât est encore en place ?
Après une série de petits tremblements sans détente franche, l’appât peut avoir été partiellement consommé.
Remontez le montage lorsque :
les touches cessent brusquement ;
la tension devient différente ;
la pierre semble avoir bougé ;
une touche n’a pas été concrétisée ;
le montage est resté longtemps sans activité ;
le bateau a changé de position.
Un appât vidé ou mal placé ne doit pas rester inutilement sur le fond.
Comment adapter la technique aux conditions ?
Observation | Ajustement conseillé | Objectif |
|---|---|---|
Ligne fortement inclinée | Augmenter légèrement la pierre ou attendre moins de courant | Retrouver une descente plus directe |
Scion constamment agité | Changer de zone ou attendre une mer plus calme | Mieux lire les touches |
Moule perdue pendant la descente | Renforcer légèrement la fixation | Atteindre le fond avec l’appât intact |
La bouchée ne se libère pas | Desserrer le lien ou modifier l’assemblage | Permettre la séparation à la touche |
Petits tremblements répétés | Rester prêt et contrôler rapidement l’appât | Éviter de pêcher avec une moule vidée |
Scion qui se redresse | Récupérer puis ferrer amplement | Piquer la dorade après la libération |
Casses près du fond | Renforcer le bas de ligne et contrôler l’abrasion | Résister aux roches et coquillages |
Aucune touche malgré des échos | Repositionner le bateau ou changer de relief | Présenter l’appât sur la zone d’alimentation |
Pierre ou plomb classique : quelles différences ?
Critère | Pêche à la pierre | Pêche à soutenir plombée |
|---|---|---|
Type de lest | Pierre fixée provisoirement à l’appât | Plomb solidaire du montage |
Appât traditionnel | Moule entrouverte | Vers, crevette, calamar ou autres appâts |
Touche caractéristique | Détente et redressement du scion | Traction, coups ou alourdissement |
Présentation après la prise | Appât libéré du lest | Poisson combattant avec le plomb |
Conditions idéales | Mer calme et courant faible | Plus grande polyvalence |
Difficulté principale | Eschage et lecture de la détente | Choix du lest et détection classique |
La pêche à la pierre est-elle adaptée aux débutants ?
Le principe est simple, mais sa mise en œuvre demande plusieurs compétences :
navigation et mouillage précis ;
lecture du sondeur ;
préparation délicate des moules ;
contrôle d’une ligne profonde ;
interprétation d’une touche inversée ;
ferrage ample au bon moment.
Un débutant peut apprendre cette pêche, mais il est préférable de l’aborder avec une personne connaissant le secteur et la technique. La maîtrise de l’embarcation et de la sécurité reste prioritaire sur la capture.
Sécurité à bord
Cette technique se pratique au mouillage, parfois loin de la côte et pendant les saisons froides.
consultez les prévisions marines avant le départ ;
vérifiez le matériel de sécurité obligatoire ;
portez un gilet adapté ;
contrôlez le mouillage et sa longueur ;
gardez un couteau accessible en cas de problème avec un cordage ;
ne laissez pas les pierres rouler sur le pont ;
rangez les hameçons préparés dans un support sécurisé ;
utilisez une planche stable pour ouvrir les moules ;
ne partez pas lorsque les conditions dépassent les capacités du bateau ou de l’équipage.
Respect du milieu et des appâts
La récolte des moules et autres coquillages peut être réglementée ou interdite sur certaines zones. Les coquillages peuvent également faire l’objet d’interdictions sanitaires temporaires.
Avant la session :
vérifiez que la récolte est autorisée ;
respectez les quantités et tailles éventuellement imposées ;
ne prélevez pas dans une zone fermée pour raison sanitaire ;
conservez les moules au frais ;
n’abandonnez aucun emballage ou lien à bord ou en mer.
L’achat de moules auprès d’un circuit autorisé représente souvent la solution la plus simple et la plus sûre.
Ce qu’il faut retenir sur la pêche à la pierre
La pêche de la dorade à la pierre est une technique méditerranéenne pratiquée depuis un bateau au mouillage. Elle utilise une pierre comme lest temporaire pour conduire une moule entrouverte jusqu’au fond.
Le montage doit être présenté sur une zone très précise : tête de roche, épave, cassure ou fond riche en coquillages. Le GPS, le sondeur et la maîtrise du mouillage jouent donc un rôle majeur.
Une fois la pierre posée, la ligne est mise sous une tension légère afin de courber le scion. Lorsque la dorade arrache la bouchée, l’appât se sépare du lest et le scion se redresse.
Le pêcheur doit alors reprendre rapidement la bannière et effectuer un ferrage ample. Un simple mouvement du poignet ne suffit généralement pas à compenser la profondeur et l’élasticité de la ligne.
Cette pêche demande une mer calme, peu de vent et un courant limité. Dans des conditions instables, la bannière devient difficile à contrôler et les touches sont masquées par les mouvements du bateau.
Enfin, la qualité de l’eschage reste essentielle. La moule doit atteindre le fond intact, puis pouvoir se libérer lorsque la dorade la décroche de la pierre.
Besoin de préparer votre équipement ? Retrouvez notre sélection de cannes, moulinets, fils, hameçons et accessoires pour la pêche de la dorade sur le site et dans l’application Fishing Grid.
Voir la sélection pour la pêche de la dorade sur Fishing Grid