Chinchard
Poisson pélagique argenté vivant en grands bancs, le chinchard commun se reconnaît à son gros œil, sa tache operculaire et sa ligne latérale rugueuse.
Comment l'identifier à coup sûr.
Le chinchard commun (Trachurus trachurus), également appelé chinchard d’Europe, saurel commun ou simplement saurel, est un poisson pélagique vivant en grands bancs dans l’Atlantique Est, la mer du Nord, la Manche, la Méditerranée et la mer Noire. Présent sur toutes les façades maritimes françaises métropolitaines, il est recherché aussi bien depuis le bord qu’en bateau.
Son corps argenté, son gros œil, sa tache noire sur l’opercule et sa ligne latérale garnie de plaques rugueuses permettent de le reconnaître. Il peut être confondu avec le chinchard à queue jaune ou le chinchard bleu, deux autres espèces du genre Trachurus présentes dans les eaux françaises.
En 2026, la taille minimale du chinchard est de 15 cm en mer du Nord, dans la Manche, dans l’Atlantique et en Méditerranée. Aucun quota journalier national particulier n’est fixé pour cette espèce, qui n’est pas non plus soumise au marquage obligatoire de la nageoire caudale.
Comment reconnaître le chinchard commun ?
Le chinchard commun possède un corps fusiforme, allongé et légèrement comprimé latéralement. Son dos est bleu-vert, grisâtre ou presque noir selon la lumière, tandis que ses flancs et son ventre sont blanc argenté. Les reflets métalliques sont particulièrement visibles lorsque le poisson est vivant ou fraîchement capturé.
La tête est dominée par un œil de grande taille. Cette caractéristique l’aide à repérer ses proies dans les couches profondes et lorsque la luminosité diminue. Une tache noire, généralement bien nette, se trouve sur la partie supérieure de l’opercule.
La bouche est terminale et légèrement protractile. Elle peut se projeter vers l’avant pour capturer de petits poissons, des crevettes, des crustacés pélagiques et des céphalopodes.
Une ligne latérale en forme de baïonnette
Le principal critère d’identification du chinchard est sa ligne latérale garnie de scutelles. Ces écailles épaissies forment une véritable carène rugueuse, particulièrement sensible au toucher dans la partie arrière du corps.
La ligne latérale est d’abord fortement arquée derrière la tête, puis devient presque rectiligne jusqu’à la queue. Son changement brutal de direction dessine un tracé souvent décrit comme une baïonnette.
Le chinchard possède également une seconde ligne latérale, dite accessoire, située près du dos. Chez Trachurus trachurus, elle se prolonge presque jusqu’au pédoncule caudal, ce qui aide à le différencier des autres chinchards européens.
Nageoires et silhouette
Deux nageoires dorsales sont présentes. La première est haute, triangulaire et relativement courte. La seconde est basse et très allongée, depuis le milieu du dos jusqu’à proximité de la queue.
La nageoire anale est presque symétrique de la seconde dorsale et précédée de deux petites épines séparées. Les nageoires pectorales sont longues et dépassent généralement la longueur de la tête. La nageoire caudale est profondément fourchue.
Différence entre chinchard commun et chinchard à queue jaune
Le chinchard à queue jaune (Trachurus mediterraneus) fréquente lui aussi l’Atlantique et la Méditerranée. Il possède un corps généralement plus allongé, et ses nageoires peuvent présenter une teinte jaunâtre plus marquée.
Chez le chinchard à queue jaune, la ligne latérale accessoire s’arrête habituellement vers la jonction entre les deux nageoires dorsales. Chez le chinchard commun, elle se prolonge beaucoup plus loin vers la queue.
La coloration ne suffit toutefois pas toujours à identifier un individu. Une queue peu jaune n’exclut pas Trachurus mediterraneus, notamment sur un poisson mort ou conservé depuis plusieurs heures.
Différence entre chinchard et maquereau
Le maquereau commun possède un dos nettement zébré et plusieurs petites pinnules devant la nageoire caudale. Le chinchard n’a pas ces pinnules et porte au contraire une ligne latérale rugueuse munie de grandes scutelles.
Le corps du maquereau est également plus cylindrique et sa tête plus pointue. Malgré le nom régional « maquereau anglais » parfois donné au chinchard, les deux poissons appartiennent à des familles différentes.
Habitat et répartition
L’aire de répartition du chinchard commun s’étend dans l’Atlantique Est, depuis la Norvège jusqu’à l’Afrique australe. Il est présent en mer Baltique, en mer du Nord, dans la Manche, dans l’océan Atlantique, en Méditerranée et en mer Noire.
En France, il peut être capturé sur toutes les façades métropolitaines. Son abondance près du rivage varie néanmoins fortement avec la saison, la température, les courants et la présence de nourriture.
Le chinchard est un poisson pélagique-néritique. Il vit principalement en pleine eau au-dessus du plateau continental plutôt que directement sur le fond. Les bancs peuvent toutefois se rapprocher des fonds sableux pendant la journée ou la saison froide.
L’espèce est rencontrée depuis la surface jusqu’à plus de mille mètres. La majorité des poissons évolue néanmoins dans les deux cents premiers mètres, et les captures de loisir sont généralement réalisées bien moins profondément.
Vie en banc et migrations verticales
Le chinchard commun forme de grands bancs, parfois mêlés à des maquereaux, sardines, anchois ou autres poissons pélagiques. Les individus d’un même banc présentent souvent une taille proche.
Pendant la journée, les chinchards se tiennent fréquemment dans les couches profondes ou intermédiaires. À la tombée de la nuit, ils remontent vers la surface en suivant les organismes planctoniques et les petits poissons.
Ce comportement explique pourquoi un banc peut apparaître soudainement sous une embarcation ou près d’une digue éclairée. Il peut disparaître tout aussi rapidement en changeant de profondeur ou en poursuivant ses proies.
Les chinchards effectuent également des migrations saisonnières. Une partie du stock occidental se reproduit entre le golfe de Gascogne et l’Irlande au printemps, puis gagne la mer du Nord et les eaux norvégiennes pour se nourrir.
Pourquoi les jeunes chinchards vivent-ils sous les méduses ?
Les juvéniles sont régulièrement observés sous de grandes méduses, notamment les rhizostomes. Ils peuvent nager parmi les tentacules sans sembler subir leurs cellules urticantes.
Cette association leur fournit une protection contre de nombreux prédateurs. Les jeunes poissons utilisent également des objets flottants, des bouées ou des embarcations comme abris temporaires.
Que mange le chinchard commun ?
Le chinchard est un prédateur carnivore opportuniste. Les jeunes individus consomment surtout du zooplancton, des copépodes et de petits crustacés pélagiques.
En grandissant, il capture des crevettes, des euphausiacés, des céphalopodes et de petits poissons. Les anchois, sardines, sprats et autres poissons fourrage peuvent constituer une part importante de son alimentation.
Les bancs chassent collectivement. Ils peuvent poursuivre leurs proies dans la colonne d’eau, les concentrer près de la surface ou exploiter les rassemblements provoqués par les courants.
Reproduction, croissance et longévité
Les sexes sont séparés et la fécondation est externe. La femelle libère ses œufs en plusieurs lots dans la pleine eau. Les œufs, sphériques et pélagiques, sont entraînés par les courants.
Une femelle peut produire jusqu’à environ 140 000 œufs. À l’éclosion, les larves ne mesurent que quelques millimètres et vivent dans le plancton.
La période de reproduction dépend du stock et de la latitude. Elle commence dès le printemps dans le golfe de Gascogne et peut se prolonger jusqu’à l’été ou au début de l’automne dans les zones septentrionales et méditerranéennes.
La maturité sexuelle est généralement atteinte entre trois et cinq ans, autour de 21 à 30 cm selon les populations. L’âge maximal documenté atteint approximativement 22 ans.
La longueur courante varie entre 20 et 40 cm. Une taille maximale de 70 cm et un poids maximal de 2 kg sont publiés, mais les poissons de cette dimension sont exceptionnels.
Quand pêcher le chinchard ?
La meilleure période pour la pêche du chinchard se situe généralement de la fin du printemps au début de l’automne. Les bancs se rapprochent alors des côtes et deviennent accessibles depuis les digues, jetées, quais autorisés et embarcations.
Pêche au printemps
Au printemps, les premières concentrations apparaissent sur les zones côtières et le plateau continental. Les poissons peuvent encore évoluer assez profondément. Une prospection verticale au sabiki ou au micro-jig permet de localiser leur niveau.
Pêche en été
L’été constitue souvent la saison la plus régulière. Les bancs suivent les anchois, sardines et autres poissons fourrage. Ils peuvent remonter très près de la surface pendant la nuit ou au lever du jour.
Pêche en automne
En septembre et octobre, les chinchards continuent généralement à s’alimenter activement. Des poissons plus gros peuvent être capturés au large, autour des épaves et sur les ruptures du plateau.
Pêche en hiver
En hiver, une partie des bancs gagne des eaux plus profondes. Les captures depuis le bord deviennent moins régulières, même si des poissons restent présents localement en Méditerranée ou autour de certains secteurs profonds.
Où chercher le chinchard ?
Depuis le bord, les meilleures zones sont généralement les digues profondes, les jetées, les pointes rocheuses, les entrées de port autorisées et les quais donnant directement sur une profondeur importante.
En bateau, les bancs peuvent être trouvés au-dessus des fonds sableux, autour des épaves, le long des cassures du plateau ou sous les regroupements d’oiseaux marins.
Le sondeur facilite leur localisation. Les chinchards apparaissent souvent sous la forme de bancs compacts situés dans les couches intermédiaires, parfois sous un banc de maquereaux ou de poissons fourrage.
Techniques de pêche du chinchard
Pêche au sabiki ou à la mitraillette
Le sabiki est composé de plusieurs petits hameçons garnis de plumes, de fibres brillantes ou d’imitations de larves. Il permet de prospecter verticalement différentes profondeurs.
Lorsque le banc est dense, il est préférable de limiter le nombre d’hameçons. Cela réduit les emmêlements, les blessures et les prélèvements supérieurs aux besoins du pêcheur.
Pêche à la dandine et au micro-jig
Un petit jig métallique permet de descendre rapidement jusqu’au banc. Il peut être animé par de courtes tirées, une récupération linéaire ou des chutes contrôlées.
Cette technique sélectionne parfois des poissons plus gros que les petites plumes d’une mitraillette. Elle offre également un combat plus intéressant avec un seul hameçon.
Pêche aux leurres depuis le bord
Les casting jigs, petites cuillers et leurres souples permettent d’atteindre les bancs éloignés d’une digue ou d’une pointe rocheuse. La récupération doit être adaptée à la profondeur à laquelle les poissons sont actifs.
Traîne légère
La traîne avec de petites plumes, cuillers ou poissons nageurs permet de localiser les bancs depuis une embarcation. Après une première touche, il est utile de repasser sur le même secteur.
Pêche au flotteur et aux appâts
Un petit morceau de poisson, de crevette ou de céphalopode peut être présenté sous un flotteur. Cette technique est adaptée aux ports autorisés et aux digues lorsque les poissons restent à une profondeur régulière.
Maille et réglementation du chinchard en 2026
La maille du chinchard, c’est-à-dire sa taille minimale légale de capture, est de 15 cm en France métropolitaine. Cette valeur est identique en mer du Nord, dans la Manche, dans l’Atlantique et en Méditerranée et concerne les différentes espèces du genre Trachurus.
La longueur est mesurée de la pointe du museau à l’extrémité de la nageoire caudale. Tout chinchard inférieur à 15 cm doit être remis à l’eau immédiatement.
Aucun quota journalier national propre au chinchard n’est actuellement fixé. Le prélèvement doit néanmoins rester limité aux besoins du pêcheur et de sa famille.
Le chinchard ne figure pas dans la liste nationale des espèces soumises au marquage obligatoire par ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale.
Il ne fait pas non plus partie des espèces sensibles soumises à déclaration journalière sur RecFishing en 2026. Sur les façades Manche et Atlantique, un pêcheur ciblant uniquement le chinchard n’est donc pas concerné par l’enregistrement au titre de cette espèce.
En Méditerranée, les pêcheurs âgés de 16 ans ou plus doivent toutefois s’enregistrer tous les douze mois, quelle que soit l’espèce ciblée, sauf lorsqu’ils pratiquent uniquement la pêche à pied. Les captures de chinchard ne nécessitent pas de déclaration journalière spécifique.
Les captures issues de la pêche maritime de loisir ne peuvent être vendues. Des arrêtés locaux, règlements portuaires, réserves ou aires marines protégées peuvent imposer des règles supplémentaires.
Conservation et pêche responsable
Le chinchard commun est classé Vulnérable à l’échelle mondiale par l’UICN. Cette classification résulte notamment de diminutions historiques observées dans certaines populations exploitées.
L’espèce est répartie en plusieurs stocks halieutiques dont l’état n’est pas uniforme. Une situation favorable dans une zone ne doit donc pas être généralisée à l’ensemble de l’Atlantique ou de la Méditerranée.
Lorsqu’un banc est dense, la pêche au sabiki peut produire de nombreuses prises en quelques minutes. Il est conseillé d’arrêter de pêcher dès que la quantité destinée à la consommation est atteinte.
Les chinchards doivent être placés rapidement au frais. Les poissons trop petits ou non conservés doivent être décrochés avec précaution, car les scutelles rugueuses peuvent blesser la main et les écailles peuvent être endommagées par une manipulation prolongée.
Questions fréquentes sur le chinchard commun
Quelle est la taille légale du chinchard en France ?
La taille minimale est de 15 cm en mer du Nord, dans la Manche, dans l’Atlantique et en Méditerranée.
Existe-t-il un quota de chinchards par jour ?
Aucun quota journalier national spécifique au chinchard n’est actuellement fixé. Des règles locales peuvent néanmoins être plus restrictives.
Faut-il couper la queue du chinchard ?
Non. Le chinchard ne figure pas dans la liste nationale des espèces soumises au marquage obligatoire des captures de loisir.
Faut-il déclarer le chinchard sur RecFishing ?
Non. Le chinchard ne fait pas partie des espèces sensibles à déclarer quotidiennement en 2026.
Quelle est la meilleure saison pour pêcher le chinchard ?
La période la plus régulière près des côtes françaises s’étend généralement de mai à octobre.
Quelle différence entre chinchard et maquereau ?
Le maquereau possède un dos zébré et des pinnules devant la queue. Le chinchard possède une ligne latérale rugueuse garnie de scutelles et une tache noire sur l’opercule.
Quelle différence entre chinchard commun et chinchard à queue jaune ?
Le chinchard à queue jaune est plus allongé, présente souvent des nageoires jaunâtres et possède une ligne latérale accessoire plus courte.
Le chinchard chasse-t-il la nuit ?
Oui, son activité alimentaire est souvent plus importante la nuit. Les bancs remontent alors vers la surface en suivant le plancton et les petits poissons.
À retenir
- Nom scientifique : Trachurus trachurus.
- Autres noms : chinchard d’Europe, saurel commun et sévereau.
- Identification : gros œil, tache operculaire noire et ligne latérale rugueuse.
- Habitat : pleine eau, plateau continental et zones côtières saisonnières.
- Alimentation : poissons, crustacés et céphalopodes.
- Taille courante : environ 20 à 40 cm.
- Taille maximale publiée : 70 cm.
- Statut UICN : vulnérable.
- Maille nationale : 15 cm.
- Quota journalier national spécifique : aucun.
- Marquage national obligatoire : non.
- Déclaration RecFishing 2026 : non pour cette espèce.
Où le trouver dans l'eau.
Le chinchard commun est un poisson pélagique, grégaire et migrateur. Il forme de grands bancs composés d’individus de taille comparable et se déplace entre les zones de reproduction, d’alimentation et d’hivernage.
Son comportement varie au cours de la journée. Pendant les heures lumineuses, les bancs se tiennent souvent plus profondément, parfois près du fond ou dans les couches intermédiaires. La nuit, ils remontent fréquemment vers la surface en suivant le zooplancton et les petits poissons.
Au printemps et en été, le chinchard peut se rapprocher des côtes françaises. Il devient alors accessible depuis les digues, les pointes rocheuses et les embarcations. Pendant l’hiver, une partie des poissons gagne des eaux plus profondes et plus stables.
Les juvéniles sont régulièrement observés sous des méduses ou des objets flottants. Cette association leur procure un abri contre les prédateurs et peut également faciliter leur alimentation.
Saison et meilleurs moments.
Comment le pêcher vraiment bien.
Ce qu'il mange.
Ce qu'il faut respecter.
Réglementation nationale de la pêche de loisir du chinchard — vérifiée le 5 août 2026.
- Taille minimale de capture : 15 cm en mer du Nord, dans la Manche, dans l’Atlantique et en Méditerranée.
- La taille de 15 cm s’applique aux chinchards du genre Trachurus.
- Tout individu inférieur à la taille minimale doit être remis à l’eau immédiatement.
- Aucun quota journalier national spécifique au chinchard n’est actuellement fixé.
- Le chinchard ne figure pas dans la liste nationale des espèces soumises au marquage obligatoire.
- Il ne fait pas partie des espèces sensibles soumises à déclaration journalière sur RecFishing en 2026.
- Les captures sont réservées à la consommation du pêcheur et de sa famille. Leur vente est interdite.
En Méditerranée, les pêcheurs de loisir âgés de 16 ans ou plus doivent néanmoins s’enregistrer tous les douze mois, sauf lorsqu’ils pratiquent uniquement la pêche à pied. Cette obligation générale d’enregistrement ne rend pas obligatoire la déclaration journalière des chinchards.
Des arrêtés locaux, règlements portuaires, réserves, cantonnements de pêche ou parcs naturels marins peuvent imposer des restrictions supplémentaires.
Les tailles, quotas et périodes de fermeture varient d'un département à l'autre. Consulter la réglementation de pêche en France
speciesDetail.materialTitle matériel : Chinchard.