Saumon atlantique (Salmo salar)
Grand migrateur
150 cm
30.00 kg
Description du Saumon atlantique
Le saumon atlantique : roi des rivières et des océans
Le saumon atlantique (Salmo salar) est un poisson migrateur anadrome de la famille des Salmonidés. Considéré comme l'un des poissons les plus emblématiques de l'hémisphère nord, il fascine autant les scientifiques que les pêcheurs par son cycle de vie exceptionnel, partagé entre les eaux douces de nos rivières et les profondeurs froides de l'océan Atlantique Nord. Son nom latin salar, dérivé du mot salio signifiant « sauter », illustre parfaitement sa capacité à franchir des obstacles pouvant atteindre 3 à 4 mètres de hauteur lors de ses remontées spectaculaires.
Morphologie et identification
Le saumon atlantique possède un corps fusiforme et hydrodynamique, parfaitement adapté à la nage en eaux vives et aux longues migrations océaniques. Il peut mesurer entre 70 et 120 cm à l'âge adulte, avec des spécimens exceptionnels dépassant 150 cm pour un poids avoisinant les 25 à 35 kg.
Son apparence varie considérablement selon les stades de sa vie :
- Juvénile (tacon) : robe parsemée de marques bleutées en « doigts de gant » sur les flancs, accompagnées de points rouges, très similaire à celle de la truite fario.
- Smolt (migration vers la mer) : livrée argentée et brillante, dos gris-bleuté, flancs lumineux et ventre blanc nacré.
- Adulte en mer : dos gris-bleu métallique, flancs argentés ponctués de quelques taches noires en forme de « X » situées au-dessus de la ligne latérale, ventre blanc.
- Géniteur (reproduction) : peau épaissie, flancs bronze à cuivré ornés de points rouges et pourpres. Les mâles développent un crochet caractéristique (ou bécart) à la mâchoire inférieure.
Le saumon atlantique se distingue de la truite de mer par son pédoncule caudal plus long et étroit, sa nageoire caudale profondément échancrée aux extrémités pointues, et sa mâchoire qui ne dépasse pas le milieu de l'œil. Son corps est recouvert de petites écailles lisses, et une nageoire adipeuse sans rayons est visible entre la dorsale et la caudale, trait caractéristique de tous les salmonidés.
Habitat et répartition géographique
L'aire de répartition naturelle du saumon atlantique couvre l'ensemble du bassin de l'Atlantique Nord, depuis les côtes du Portugal et de l'Espagne jusqu'aux rivières de Norvège, d'Islande, de Russie et du Canada. En Amérique du Nord, on le retrouve du Maine (États-Unis) jusqu'à la baie d'Ungava au nord du Québec.
En France, le saumon atlantique fréquente exclusivement les cours d'eau de la façade Atlantique et de la Manche. On le retrouve encore sur certaines rivières de Bretagne, de Normandie, du Pays basque et du bassin de la Loire, bien que ses populations aient considérablement diminué au cours du dernier siècle. La souche de l'Allier représente un patrimoine génétique unique en Europe, car elle est la seule à conserver un cycle long de 4 à 5 ans produisant de grands saumons.
Ce poisson a besoin d'habitats très différents selon les étapes de sa vie : des rivières fraîches, bien oxygénées et à fond de graviers pour la reproduction et le développement juvénile, puis les eaux froides et riches en nutriments de l'Atlantique Nord pour sa croissance adulte. Les principales zones d'engraissement océaniques identifiées se situent au large du Groenland et des îles Féroé.
Cycle de vie et comportement migratoire
Le saumon atlantique possède l'un des cycles biologiques les plus remarquables du monde aquatique. Il naît en rivière, grandit en mer et revient se reproduire dans le cours d'eau qui l'a vu naître grâce à une mémoire olfactive exceptionnelle, un phénomène appelé homing.
Les grandes étapes de son cycle
Phase dulcicole (1 à 3 ans) : après l'éclosion au printemps, les alevins se développent en tacons territoriaux qui occupent les zones de courant peu profondes. Ils se nourrissent principalement de larves d'insectes aquatiques. Au bout de 1 à 2 ans en France (jusqu'à 5 ans en Scandinavie), ils subissent une transformation physiologique majeure appelée smoltification : leur robe s'éclaircit, leur organisme s'adapte à l'eau salée et leur comportement territorial disparaît.
Phase océanique (1 à 4 ans) : une fois en mer, les smolts rejoignent les zones d'engraissement au large du Groenland ou des Féroé. La croissance est alors très rapide grâce à l'abondance de nourriture. Certains individus, appelés castillons ou grilses, reviennent après une seule année de mer, tandis que les saumons de printemps (plusieurs hivers en mer) atteignent des tailles bien supérieures.
Remontée et reproduction : guidé par ses capacités olfactives, le saumon adulte remonte sa rivière natale entre mars et novembre selon les populations. Pendant cette migration en eau douce, il cesse totalement de s'alimenter et puise dans ses réserves de graisse. La fraie a lieu en hiver, avec un pic en décembre, dans des zones courantes à fond de graviers. La femelle produit entre 1 500 et 1 800 œufs par kilogramme de poids corporel. Épuisés après la reproduction, la majorité des géniteurs meurent. Les survivants, appelés bécards, peuvent regagner l'océan et effectuer un second cycle reproducteur.
Alimentation
Le régime alimentaire du saumon atlantique évolue profondément au fil de sa vie. En rivière, les juvéniles consomment essentiellement des larves d'insectes aquatiques (éphémères, perlidés, mouches noires) ainsi que de petits vers et invertébrés benthiques.
Une fois en mer, le saumon adopte un régime strictement carnivore composé de petits poissons pélagiques (capelans, lançons, harengs), de crustacés (krill, crevettes) et de calmars. C'est précisément la richesse en caroténoïdes de cette alimentation marine, notamment présents dans les crustacés, qui confère à la chair du saumon sa célèbre couleur rosée.
Fait remarquable : lors de sa remontée en eau douce pour la reproduction, le saumon adulte cesse totalement de se nourrir. Il peut ainsi jeûner pendant plusieurs mois consécutifs, mobilisant ses réserves lipidiques accumulées en mer.
Conservation et menaces
Le saumon atlantique est classé « vulnérable » sur la Liste rouge des espèces menacées en France (UICN, 2019) et figure comme espèce d'intérêt communautaire au niveau européen (annexes II et V de la Directive Habitats). Autrefois extrêmement abondant — au début du XXe siècle, les employés de certaines villes françaises négociaient pour ne pas être servis de saumon plus de trois fois par semaine — il a connu un déclin dramatique tout au long du siècle dernier.
Les principaux facteurs de régression identifiés sont multiples : la construction de barrages et seuils qui bloquent l'accès aux frayères, la dégradation des habitats aquatiques (colmatage des gravières, extraction de granulats), la pollution des cours d'eau par les pesticides et engrais agricoles, les dommages infligés aux smolts par les turbines hydroélectriques lors de la dévalaison, et les effets du changement climatique sur les écosystèmes marins qui réduisent le taux de survie en mer.
De nombreux programmes de restauration sont en cours en France et en Europe : aménagement de passes à poissons, suppression de barrages obsolètes, réhabilitation de frayères et programmes de suivi scientifique des populations sur des rivières de référence comme la Bresle, le Scorff, l'Oir et la Nivelle.
Le saumon atlantique et la pêche sportive
Surnommé à juste titre le « roi des poissons », le saumon atlantique représente un trophée ultime pour les pêcheurs sportifs. Sa pêche, pratiquée quasi exclusivement à la mouche, exige patience, technique et connaissance du milieu. Les adeptes de cette discipline portent le nom de saumoniers.
Réglementation en France
En raison de la fragilité des populations, la pêche du saumon en France est soumise à une réglementation stricte. Le pêcheur doit obligatoirement s'acquitter du supplément « migrateurs » (50 €) en complément de sa carte de pêche, détenir l'autorisation spécifique délivrée par un dépositaire agréé, et respecter les quotas définis par Total Autorisé de Capture (TAC) fixé chaque année par arrêté préfectoral.
Toute capture conservée doit être immédiatement baguée à l'aide d'un scellé d'identification, et les prélèvements d'écailles pour analyse scientifique sont obligatoires. La déclaration des captures est également requise par la loi. La pêche est aujourd'hui autorisée dans un nombre restreint de départements, principalement en Bretagne (Côtes-d'Armor, Finistère, Morbihan, Ille-et-Vilaine), en Normandie (Calvados, Manche, Seine-Maritime), ainsi que dans les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, le Pas-de-Calais et la Somme.
Techniques et conseils
La pêche à la mouche demeure la technique reine pour le saumon. Les saumoniers traditionnels utilisent des cannes à deux mains permettant des lancers de 25 à 30 mètres, bien que les cannes modernes à une main en carbone offrent aussi d'excellentes performances. La température de l'eau est un facteur déterminant : autour de 6°C, les mouches se travaillent près de la surface, tandis que par eau plus froide, il faut prospecter les couches inférieures. Sur certaines rivières, la pratique du no-kill (remise à l'eau obligatoire) se généralise une fois les quotas atteints, permettant de concilier pêche sportive et préservation des stocks.
Le saviez-vous ?
- Le saumon atlantique peut parcourir jusqu'à 100 km par jour en mer et effectuer des migrations aller-retour de plus de 4 000 km entre sa rivière natale et ses zones de nourrissage océaniques.
- Contrairement aux saumons du Pacifique qui meurent systématiquement après la reproduction, certains saumons atlantiques survivent et peuvent frayer deux à trois fois au cours de leur vie.
- Sa présence dans un cours d'eau est un excellent indicateur de la qualité écologique du milieu : rivières propres, bien oxygénées et à écoulement naturel.
- Le record mondial à la mouche pour un saumon atlantique avoisine les 36 kg, capturé en Norvège.
Comportement du Saumon atlantique
Alimentation du Saumon atlantique
Reproduction du Saumon atlantique
Période de frai :
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