La pêche du calamar de nuit possède une ambiance très particulière. À la tombée du jour, les plages se vident, l'activité ralentit autour du littoral et les lumières côtières commencent à apparaître. C'est aussi une période pendant laquelle les céphalopodes peuvent se rapprocher des zones où se concentrent petits poissons et autres proies.
Cette pêche est accessible avec relativement peu de matériel. Une canne légère, quelques turluttes, une ligne fine et une lampe suffisent déjà pour commencer. La difficulté ne consiste à comprendre à quelle profondeur les calamars évoluent et à quelle vitesse leur présenter la turlutte.
Pourquoi la nuit est-elle particulièrement intéressante ?
Les calamars sont des prédateurs opportunistes capables de suivre les concentrations de petits poissons et de crustacés.
La nuit, certains secteurs côtiers deviennent particulièrement intéressants parce que la nourriture peut s'y concentrer. Les éclairages artificiels peuvent notamment modifier localement la distribution du plancton et des petits poissons, ce qui crée parfois des zones de chasse favorables.
C'est l'une des raisons pour lesquelles les abords de certaines digues, jetées ou zones éclairées sont traditionnellement recherchés par les pêcheurs de calamars.
Les éclairages peuvent créer de bonnes zones de chasse
Les halos lumineux visibles la nuit permettent souvent d'observer directement les petits poissons.
La limite entre la zone fortement éclairée et l'eau sombre mérite particulièrement d'être prospectée.
Plutôt que de lancer systématiquement au milieu de la lumière, faites passer la turlutte sur les transitions.
Un prédateur peut parfaitement rester légèrement en retrait et exploiter les proies visibles dans la partie éclairée.
La turlutte
La turlutte est spécifiquement conçue pour la pêche des céphalopodes.
Elle imite généralement une petite crevette ou un petit poisson et possède à l'arrière une ou deux couronnes de pointes sans ardillon.
Le calamar saisit le leurre avec ses bras et tentacules puis reste retenu dans la couronne.
Cette différence explique pourquoi le combat demande une tension continue plutôt qu'un ferrage violent comme avec certains poissons.
L'animation de base est très simple
Laissez d'abord la turlutte atteindre la couche recherchée.
Effectuez ensuite une ou plusieurs tirées avec la canne afin de faire bondir le leurre.
Récupérez l'excédent de ligne puis laissez à nouveau la turlutte descendre.
Cette alternance entre accélération et descente constitue la base de l'eging.
La pause est souvent plus importante que la tirée
Beaucoup de débutants passent trop de temps à animer et pas assez à laisser travailler la turlutte.
La phase de descente est essentielle parce qu'elle offre une cible facile à saisir.
Après l'animation, laissez donc réellement le leurre redescendre en gardant suffisamment de contrôle pour détecter une modification de tension.
Une turlutte constamment secouée à grande vitesse peut traverser la zone sans laisser au calamar le temps de la saisir proprement.
Les erreurs les plus fréquentes
Laisser systématiquement la turlutte toucher le fond
Les calamars peuvent évoluer à différentes hauteurs. Prospectez progressivement la colonne d'eau.
Animer sans laisser de pause
La descente constitue souvent une phase essentielle de la présentation.
Ferrer extrêmement fort
Une prise de contact progressive et une tension régulière réduisent les décrochages.
Donner du mou pendant la remontée
Gardez la ligne constamment en tension jusqu'à l'épuisette.
Choisir uniquement la couleur
Profondeur et vitesse de descente doivent être réglées avant de multiplier les coloris.
Pêcher dans un port sans vérifier l'autorisation
La présence de calamars et de lampadaires ne signifie pas que le quai est ouvert à la pêche.
Négliger la sécurité parce que la mer paraît calme
De nuit, accès, houle et obstacles deviennent beaucoup plus difficiles à évaluer.
Ce qu'il faut retenir
La nuit est une période particulièrement intéressante pour rechercher le calamar, notamment depuis le bord, mais elle n'est pas le seul moment où l'espèce peut être capturée.
Les meilleurs postes associent profondeur accessible, concentration de nourriture et structure.
Une turlutte adaptée au courant et à la profondeur est plus importante qu'une couleur prétendument magique.
Comptez la descente pour comprendre dans quelle couche les touches se produisent.
Alternez animations et pauses, car la descente constitue une phase essentielle.
Lorsque vous sentez une lourdeur, prenez contact progressivement et gardez une tension constante jusqu'à l'épuisette.
La règle simple : trouvez d'abord la bonne profondeur, puis reproduisez la même descente et la même animation. La couleur de la turlutte vient seulement ensuite.

