Simple, mobile et particulièrement efficace pour localiser les céphalopodes, la pêche du calamar à la traîne consiste à faire évoluer une ou plusieurs turluttes derrière un bateau avançant à faible vitesse.
La technique peut être pratiquée avec une turlutte à bavette utilisée seule, plusieurs turluttes montées en série ou un montage associé à un paravane. Le choix dépend de la profondeur, du courant, de la vitesse du bateau et de l’expérience du pêcheur.
Dans ce guide complet, vous apprendrez à pêcher le calamar à la traîne, choisir les bonnes turluttes, réaliser un montage fiable, régler la vitesse, prospecter les différentes profondeurs et remonter un calamar sans le décrocher.
Qu’est-ce que la pêche du calamar à la traîne ?
La pêche à la traîne consiste à laisser évoluer un leurre derrière une embarcation en mouvement. Pour le calamar, le leurre utilisé est une turlutte équipée d’une ou deux couronnes de pointes, souvent appelées paniers.
Le calamar saisit la turlutte avec ses tentacules. Les pointes du panier retiennent alors l’animal sans ferrage violent.
Une ligne de traîne peut comprendre :
un corps de ligne en nylon ou en tresse ;
un bas de ligne résistant à l’abrasion ;
une turlutte à bavette utilisée seule ;
une ou plusieurs turluttes montées en série ;
un paravane ou un lest lorsque davantage de profondeur est nécessaire ;
des émerillons limitant le vrillage ;
une canne et un moulinet, ou une ligne à main correctement organisée.
Le principe essentiel : avancez assez lentement pour que les turluttes nagent correctement, tout en conservant une tension régulière sur la ligne.
Quels céphalopodes peut-on prendre à la traîne ?
Le calamar
Le calamar commun, souvent appelé encornet, constitue la cible principale. Il poursuit les petits poissons et peut évoluer en groupes plus ou moins importants.
La seiche
La seiche peut également saisir une turlutte traînée, surtout lorsque le montage passe près du fond ou au-dessus d’une zone sableuse, vaseuse ou d’un herbier.
Une traîne trop rapide ou trop haute est généralement moins adaptée à la seiche qu’au calamar.
Les petits calmars côtiers
Différentes espèces ou tailles de calmars peuvent être capturées selon la région. La taille de la turlutte doit alors être adaptée au gabarit des proies présentes.
À quelle période pêcher le calamar à la traîne ?
Les périodes productives varient selon la façade, la température et les déplacements des poissons fourrage.
En automne
L’automne est une période classique sur de nombreux secteurs côtiers. Les jeunes calamars peuvent être nombreux et relativement proches du littoral.
En hiver
L’hiver peut produire de beaux individus, notamment en Méditerranée. Les calamars peuvent se tenir plus profondément pendant la journée et remonter pour chasser à la tombée de la nuit.
Au printemps
La présence devient plus irrégulière selon les régions. Les zones riches en petits poissons, les entrées de port et les plateaux peuvent rester intéressants.
En été
La technique peut fonctionner la nuit, autour des concentrations de poissons fourrage et sur les secteurs bénéficiant d’une profondeur suffisante.
Le calendrier reste indicatif. Les captures locales récentes et la présence de nourriture sont souvent plus révélatrices que le mois seul.
Quel moment de la journée privilégier ?
La fin de journée
La baisse de luminosité peut rapprocher les calamars des couches supérieures et des bordures.
Le crépuscule
Le crépuscule constitue une période particulièrement intéressante. Commencez à prospecter avant la nuit afin de comprendre le relief et la circulation des autres bateaux.
La nuit
Les calamars chassent fréquemment de nuit. Les turluttes contrastées, phosphorescentes ou réagissant aux ultraviolets peuvent alors être intéressantes.
Le jour
La traîne reste possible en journée, notamment dans une eau profonde, teintée ou autour d’un banc de poissons fourrage. Il peut être nécessaire d’utiliser un paravane ou un lest pour atteindre une couche plus basse.
Où rechercher les calamars ?
Les plateaux côtiers
Les calamars peuvent patrouiller au-dessus des plateaux rocheux, sableux ou mixtes, notamment lorsque des bancs d’athérines, anchois ou sardines sont présents.
Les bordures de tombant
Une rupture de profondeur permet aux céphalopodes de changer rapidement de couche d’eau. Suivez la bordure plutôt que de la traverser au hasard.
Les herbiers
Les lisières d’herbiers abritent de nombreuses proies. Évitez les passages trop proches du fond pour limiter les accrochages et l’impact sur la végétation.
Les zones éclairées
Les éclairages côtiers peuvent concentrer le plancton et les petits poissons. Prospectez la limite entre la lumière et l’obscurité plutôt que le centre de la zone éclairée.
Quelle profondeur prospecter ?
La bonne profondeur varie au cours de la même soirée. Les calamars peuvent rester bas avant la nuit, puis monter progressivement.
Prospectez méthodiquement :
Commencez dans la couche supérieure avec une turlutte peu plongeante.
Augmentez progressivement la distance derrière le bateau.
Utilisez ensuite une turlutte à bavette plus profonde.
Ajoutez un paravane ou un lest si les échos restent bas.
Mémorisez la configuration de chaque touche.
Ne cherchez pas automatiquement le fond. La traîne est particulièrement adaptée aux calamars qui évoluent dans les couches supérieures et intermédiaires.
Quelle vitesse utiliser ?
La majorité des turluttes de traîne fonctionnent à faible vitesse. Une plage approximative de 1,5 à 3 nœuds couvre de nombreuses situations, mais la vitesse optimale dépend du modèle.
Certaines turluttes nagent correctement autour de 2 nœuds, tandis que d’autres modèles spécifiques peuvent supporter une vitesse proche de 3 nœuds.
La vitesse réelle doit être adaptée :
à la turlutte ;
à l’état de la mer ;
au courant ;
à la profondeur recherchée ;
au poids du montage ;
aux réactions des calamars.
Test indispensable : faites nager la turlutte à côté du bateau avant de déployer la ligne. Elle doit osciller régulièrement sans tourner sur elle-même.
Pourquoi la vitesse GPS ne suffit-elle pas toujours ?
Le GPS indique la vitesse du bateau par rapport au fond. La turlutte se déplace cependant dans une masse d’eau elle-même soumise au courant.
Une vitesse GPS de 2 nœuds peut donc produire une nage différente selon que le bateau avance :
dans le sens du courant ;
face au courant ;
avec un vent contraire ;
dans une zone protégée ;
pendant une accélération ou un virage.
Observez la tension de la ligne et le comportement du scion plutôt que de suivre uniquement une valeur affichée.
Quelle turlutte choisir pour la traîne ?
La turlutte à bavette
Elle ressemble à un poisson nageur terminé par une couronne de pointes. Sa bavette lui donne une profondeur et une nage régulières.
Elle constitue le meilleur choix pour débuter parce qu’elle :
se monte directement sur le bas de ligne ;
nage sans animation manuelle ;
offre une profondeur relativement prévisible ;
limite le nombre de composants ;
se lance et se récupère facilement derrière le bateau.
La turlutte flottante
Une petite turlutte flottante peut être installée sur une potence au-dessus d’un paravane ou d’un lest.
Elle travaille alors grâce au déplacement du bateau et aux mouvements du montage.
La turlutte classique plombée
Certains modèles d’eging peuvent être traînés lentement, mais ils ne sont pas tous conçus pour cet usage. Leur nage doit être testée avant la mise en pêche.
La turlutte phosphorescente
Elle peut être rechargée avec une lampe adaptée avant la mise à l’eau. Elle est particulièrement intéressante en profondeur ou dans l’obscurité.
Les finitions UV
Les finitions réagissant aux ultraviolets peuvent offrir un contraste supplémentaire à l’aube, au crépuscule ou dans certaines conditions de profondeur.
Elles ne remplacent pas une bonne profondeur ni une vitesse correcte.
Quelle taille de turlutte utiliser ?
La taille doit correspondre aux proies et au gabarit des calamars.
Une petite turlutte est intéressante lorsque :
les calamars sont de petite taille ;
les poissons fourrage sont petits ;
les prises suivent sans s’accrocher ;
la mer est calme ;
la pression de pêche est importante.
Une turlutte plus volumineuse peut être utile lorsque :
les calamars sont grands ;
l’eau est teintée ;
la mer est légèrement agitée ;
les proies sont plus importantes ;
il faut produire davantage de vibrations.
La numérotation des turluttes varie selon les fabricants. Comparez la longueur, le poids et la profondeur annoncée plutôt que le chiffre seul.
Comment choisir la couleur ?
La couleur dépend principalement de la lumière, de la transparence et de la profondeur.
Conditions | Coloris à tester | Objectif |
|---|---|---|
Eau claire et journée lumineuse | Naturel, argent, bleu ou vert | Imiter les poissons fourrage |
Ciel couvert | Rose, orange, rouge ou violet | Créer un contraste marqué |
Crépuscule | UV, rose, orange ou naturel contrasté | Maintenir la visibilité |
Nuit | Phosphorescent, sombre ou fortement contrasté | Former une cible identifiable |
Eau teintée | Orange, chartreuse, rose ou phosphorescent | Faciliter la localisation |
Calamars méfiants | Naturel, mat ou peu lumineux | Réduire le signal |
Changer de couleur ne sert à rien si la turlutte évolue hors de la couche fréquentée.
Montage numéro 1 : la turlutte à bavette seule
Ce montage est le plus simple et le plus sûr pour débuter.
Éléments nécessaires
une canne et un moulinet adaptés à la traîne légère ;
un corps de ligne en nylon ou en tresse ;
un bas de ligne en nylon ou fluorocarbone ;
un émerillon ;
une agrafe solide et proportionnée ;
une turlutte à bavette.
Réalisation
Reliez un bas de ligne au corps de ligne.
Installez un émerillon si le montage risque de vriller.
Ajoutez une petite agrafe adaptée.
Fixez la turlutte à bavette.
Contrôlez les nœuds et les couronnes.
Testez la nage à côté du bateau.
Cette configuration permet de connaître précisément la turlutte qui a déclenché la touche et limite les risques pendant la manipulation.
Montage numéro 2 : plusieurs turluttes en série
Un montage comportant plusieurs turluttes permet de comparer les couleurs, les tailles ou les profondeurs.
Il demande cependant davantage d’expérience.
Principes de montage
limitez le nombre de turluttes ;
espacez suffisamment les avançons ;
utilisez un bas de ligne relativement rigide ;
placez éventuellement le modèle le plus plongeant en terminaison ;
vérifiez que les turluttes ne se croisent pas ;
contrôlez les règles locales sur le nombre d’hameçons ou de leurres.
Un espacement proche d’un mètre peut constituer un repère, mais il doit être adapté à la longueur des avançons et au comportement réel du montage.
Montage numéro 3 : le paravane
Le paravane est une plaque hydrodynamique qui fait descendre la ligne pendant la progression du bateau.
Il est utile lorsque :
les calamars restent sous la couche atteinte par une turlutte à bavette ;
la pêche se déroule en journée ;
le courant ou la vitesse maintient le montage trop haut ;
le sondeur montre une activité plus profonde.
Organisation générale
Reliez le paravane à la ligne principale.
Ajoutez un bas de ligne suffisamment long derrière lui.
Installez une ou plusieurs turluttes adaptées.
Déployez progressivement le montage.
Surveillez la tension pour détecter une prise.
Un paravane trop important rend la touche difficile à distinguer et fatigue le pêcheur. Choisissez le modèle le plus léger permettant d’atteindre la profondeur souhaitée.
À quelle distance placer les turluttes ?
Il n’existe pas de distance universelle. Elle dépend de la profondeur, du bruit du moteur, de la clarté de l’eau et de la conception de la turlutte.
Une ligne relativement courte offre :
un meilleur contrôle ;
une récupération rapide ;
une profondeur parfois plus faible ;
moins de risques de croiser une autre ligne.
Une ligne plus longue permet :
d’éloigner la turlutte du bateau ;
d’atteindre parfois une profondeur supérieure ;
de présenter le leurre dans une eau moins perturbée ;
mais augmente les risques d’emmêlement et d’accrochage.
Commencez avec une distance modérée, puis allongez progressivement jusqu’à obtenir une nage stable.
Comment organiser plusieurs lignes ?
Pour débuter, une seule ligne suffit. Deux lignes ne doivent être employées que lorsque l’équipage maîtrise la trajectoire et la récupération.
Pour limiter les croisements :
utilisez des distances différentes ;
placez une ligne de chaque côté du bateau ;
évitez les virages brusques ;
remontez une ligne avant un changement important de direction ;
attribuez chaque canne à une personne ;
ne multipliez pas les turluttes sur chaque ligne.
Comment détecter une prise ?
La prise est souvent moins brutale qu’une attaque de poisson. Elle peut se traduire par :
un alourdissement progressif ;
une courbure plus importante du scion ;
des pulsations régulières ;
une vibration différente ;
un frein qui libère légèrement du fil ;
une ligne qui change d’angle.
Un sac, une algue ou un débris peut produire une sensation comparable. Dans le doute, ralentissez et récupérez la ligne.
Comment conserver les calamars ?
Les céphalopodes doivent être refroidis rapidement.
utilisez une glacière propre ;
placez les prises sur de la glace ou des pains réfrigérants ;
évitez une exposition prolongée au soleil ;
séparez-les si possible de l’eau de fonte ;
respectez la chaîne du froid ;
limitez le prélèvement aux besoins réels.
Ce qu’il faut retenir sur la pêche du calamar à la traîne
La pêche du calamar à la traîne permet de prospecter horizontalement une grande zone avec une ou plusieurs turluttes évoluant derrière un bateau.
Pour débuter, une turlutte à bavette utilisée seule constitue le montage le plus simple. Elle limite les emmêlements et permet de mieux comprendre l’influence de la vitesse et de la distance.
Une vitesse approximative de 1,5 à 3 nœuds couvre de nombreux modèles, mais la nage réelle doit toujours être testée à côté du bateau.
Les calamars peuvent se déplacer dans les couches supérieures, intermédiaires ou profondes. Modifiez la longueur de ligne, le type de turlutte ou le paravane avant de changer continuellement de couleur.
À la touche, ralentissez progressivement et récupérez sans ferrage appuyé. Les tentacules sont fragiles et peuvent se déchirer sous un effort brutal.
Enfin, utilisez une épuisette, sécurisez toutes les couronnes et mémorisez précisément les passages productifs. Les calamars peuvent rester regroupés sur une petite zone ou suivre un même banc de poissons fourrage.
Préparez votre prochaine sortie : retrouvez les turluttes à bavette, modèles phosphorescents, cannes bateau et accessoires pour les céphalopodes sur le site et dans l’application Fishing Grid.
Découvrir la sélection pour la pêche du calamar sur Fishing Grid