La réglementation de la pêche maritime de loisir évolue en 2026. Depuis le 12 février, de nouvelles obligations européennes imposent à certains pêcheurs de s’enregistrer et de déclarer leurs captures d’espèces considérées comme sensibles.
La principale difficulté vient du fait que les règles ne sont pas identiques partout. Un pêcheur de la façade Atlantique ne suit pas exactement le même régime qu’un pêcheur méditerranéen. Les espèces soumises à déclaration dépendent également de la zone maritime.
Dans ce guide, vous apprendrez à comprendre la réglementation de la pêche en mer en 2026, déterminer si vous devez vous enregistrer, utiliser RecFishing, déclarer correctement vos captures et vérifier les quotas applicables avant chaque sortie.
Qu’est-ce qui change pour la pêche en mer en 2026 ?
La nouveauté majeure est la mise en place d’un suivi électronique renforcé de la pêche maritime de loisir.
Depuis le 12 février 2026, les pêcheurs concernés doivent accomplir deux démarches distinctes :
S’enregistrer comme pêcheur de loisir avant l’action de pêche.
Déclarer les captures d’espèces sensibles dans le délai réglementaire.
Ces obligations ont pour objectif d’améliorer la connaissance de la pêche récréative, des volumes capturés et de l’état des stocks.
Elles s’ajoutent aux règles déjà applicables concernant :
les tailles minimales de capture ;
les quotas journaliers ;
les fermetures saisonnières ;
le marquage de certaines prises ;
les espèces protégées ;
les engins autorisés ;
les zones de pêche interdites ou réglementées ;
la vente des captures, qui reste interdite.
À retenir : s’enregistrer et déclarer une capture ne rend pas cette capture automatiquement légale. Le poisson doit également respecter la taille, le quota, la période et les règles propres à la zone.
Quelle différence entre enregistrement et déclaration ?
L’enregistrement du pêcheur
L’enregistrement identifie la personne qui pratique la pêche de loisir. Il est valable pendant douze mois et doit être renouvelé à son expiration.
Il ne s’agit pas d’un permis de pêche en mer donnant un droit général de capturer toutes les espèces. Le pêcheur reste soumis à l’ensemble des restrictions nationales, européennes et locales.
La déclaration des captures
La déclaration concerne chaque capture d’une espèce sensible réalisée par le pêcheur.
Selon les informations demandées par l’application, la déclaration comporte notamment :
l’espèce capturée ;
le lieu ou la zone de capture ;
la date et l’heure ;
la taille du poisson ;
la quantité ;
la technique employée ;
le devenir de la prise, notamment sa conservation ou sa remise à l’eau.
Un enregistrement annuel ne remplace donc pas les déclarations individuelles réalisées après les captures.
Qui doit s’enregistrer sur la façade Atlantique, en Manche et en mer du Nord ?
Sur les façades Atlantique, Manche et mer du Nord, l’obligation concerne les pêcheurs de loisir âgés de 16 ans et plus lorsqu’ils ciblent une espèce sensible définie pour la zone.
La notion de ciblage doit être comprise de manière pratique. Elle peut notamment être caractérisée par :
l’utilisation d’un matériel destiné à l’espèce ;
le choix d’un poste connu pour sa présence ;
l’emploi d’une technique adaptée ;
la poursuite volontaire de la pêche après plusieurs captures de cette espèce.
Pour éviter toute difficulté, un pêcheur susceptible de rechercher régulièrement le bar, le maquereau, le lieu jaune ou la dorade rose a intérêt à accomplir l’enregistrement avant sa sortie.
Qui doit s’enregistrer en Méditerranée ?
En Méditerranée, le régime est plus large. Tous les pêcheurs de loisir âgés de 16 ans et plus doivent s’enregistrer, quelle que soit l’espèce recherchée.
Une exception concerne la pêche à pied, qui n’est pas soumise à cette obligation générale d’enregistrement en Méditerranée.
Dans certaines aires marines protégées, un système local de déclaration peut déjà être obligatoire. Lorsque ce dispositif remplace officiellement RecFishing, aucune double démarche ne doit être réalisée.
Dans les parcs où Catchmachine constitue l’outil obligatoire, le pêcheur continue donc à utiliser cette application. En dehors de ces secteurs, les modalités proposées peuvent permettre l’emploi de RecFishing ou de Catchmachine.
Qu’en est-il dans les départements d’Outre-mer ?
En l’état des règles nationales publiées pour 2026, aucune espèce n’est encore inscrite sur la liste des espèces sensibles pour les départements d’Outre-mer.
L’obligation nationale d’enregistrement liée à cette liste ne s’y applique donc pas actuellement.
Cela ne signifie pas que la pêche y est dépourvue de réglementation. Les arrêtés locaux peuvent fixer :
des espèces protégées ;
des tailles minimales ;
des quotas ;
des réserves ;
des périodes de fermeture ;
des restrictions sur les engins.
Quelles sont les espèces sensibles en 2026 ?
La liste dépend de la façade et peut évoluer.
Espèce | Zones concernées |
|---|---|
Bar commun | Zones CIEM 4, 7 et 8 |
Lieu jaune | Zones CIEM 7 et 8 |
Maquereau commun | Zones CIEM 4, 7 et 8 |
Dorade rose | Zones CIEM 7 et 8 et Méditerranée |
Dorade coryphène | Méditerranée |
Une espèce peut être soumise à déclaration sur une façade et ne pas l’être dans une autre. Il faut donc identifier précisément la zone de pêche avant la sortie.
Que sont les zones CIEM ?
Les zones CIEM sont des divisions géographiques utilisées pour la gestion scientifique et réglementaire des stocks de poissons dans l’Atlantique nord-est.
Dans les grandes lignes :
la zone CIEM 4 correspond principalement à la mer du Nord ;
la zone CIEM 7 couvre notamment la Manche et une partie des eaux occidentales ;
la zone CIEM 8 couvre notamment le golfe de Gascogne et une partie de la façade Atlantique.
Les limites ne correspondent pas toujours exactement aux limites administratives des départements. Une même façade peut être divisée en plusieurs sous-zones soumises à des règles différentes.
Le pêcheur doit donc vérifier la position maritime réelle du lieu de capture, surtout lorsqu’il navigue à proximité d’une limite réglementaire.
Comment s’enregistrer avec RecFishing ?
L’enregistrement s’effectue avec l’application mobile européenne RecFishing.
Étapes principales
Téléchargez l’application officielle RecFishing.
Créez votre compte personnel.
Renseignez les informations demandées.
Choisissez la façade ou la zone concernée.
Validez votre enregistrement avant de commencer à pêcher.
Conservez la confirmation reçue dans l’application ou par courrier électronique.
L’enregistrement est gratuit et valable douze mois.
La démarche peut également être effectuée depuis le téléphone d’un proche. La confirmation peut ensuite être envoyée par courrier électronique et imprimée.
Quand faut-il réaliser l’enregistrement ?
Le texte réglementaire prévoit que l’enregistrement soit effectué au moins la veille de l’action de pêche concernée.
Il est donc préférable de ne pas attendre d’être arrivé sur le bateau, la plage ou la digue.
Une bonne pratique consiste à :
effectuer l’enregistrement plusieurs jours avant la sortie ;
contrôler sa date d’expiration ;
conserver une preuve hors connexion ;
vérifier que l’application fonctionne ;
mettre à jour ses coordonnées si nécessaire.
Quand faut-il déclarer une capture ?
La déclaration doit être effectuée dans les vingt-quatre heures suivant l’heure exacte de la capture.
Elle peut être réalisée :
pendant la sortie ;
juste après la capture ;
au retour au port ou au domicile ;
à condition de rester dans le délai réglementaire.
Déclarer immédiatement évite les oublis, mais la sécurité passe avant l’utilisation du téléphone. Depuis une embarcation, attendez une situation stable et sans danger.
Faut-il déclarer un poisson remis à l’eau ?
Oui. L’obligation porte sur les captures des espèces sensibles et ne se limite pas aux poissons conservés.
Un bar, un maquereau, un lieu jaune ou une autre espèce figurant sur la liste doit donc être déclaré lorsqu’il a été individuellement capturé, même s’il est relâché.
Cela concerne notamment :
un poisson sous la taille minimale ;
un poisson capturé pendant une période de remise à l’eau obligatoire ;
une prise volontairement relâchée ;
un poisson capturé puis décroché dans l’épuisette ;
une capture accidentelle d’une espèce sensible.
Faut-il déclarer une touche ou un poisson décroché ?
Une simple touche sans capture n’est pas une capture à déclarer.
Un poisson qui se décroche avant d’avoir été effectivement capturé et identifié ne peut généralement pas être renseigné de manière fiable.
En revanche, un poisson amené à portée, identifié et manipulé avant sa remise à l’eau constitue une capture.
Faut-il déclarer lorsqu’on ne capture rien ?
La déclaration de capture concerne les poissons individuellement pris. Une sortie sans capture d’espèce sensible ne donne pas lieu à une déclaration de poisson.
L’enregistrement du pêcheur doit néanmoins être valide lorsque celui-ci cible une espèce soumise au dispositif.
Que faire sans réseau téléphonique ?
La réglementation laisse un délai de vingt-quatre heures, ce qui permet de réaliser la déclaration après avoir retrouvé une connexion.
Pour mémoriser les informations, notez temporairement :
l’heure exacte ;
la position ou la zone ;
l’espèce ;
la taille ;
le nombre de poissons ;
la technique ;
la conservation ou la remise à l’eau.
Ne retardez pas volontairement la déclaration jusqu’à l’expiration du délai.
Quelles sanctions sont possibles ?
En 2026, les autorités annoncent une priorité donnée à l’accompagnement et à l’explication du nouveau dispositif.
Cette phase pédagogique ne supprime toutefois pas l’obligation. Le défaut d’enregistrement ou de déclaration peut entraîner des sanctions, notamment en cas de manquement répété.
Chaque infraction peut être examinée séparément. Plusieurs absences de déclaration peuvent donc constituer plusieurs manquements.
D’autres infractions peuvent également être sanctionnées :
conservation d’un poisson sous la taille ;
dépassement d’un quota ;
pêche dans une zone interdite ;
emploi d’un engin prohibé ;
absence de marquage d’une espèce concernée ;
vente ou achat d’une capture de loisir.
Quel est le quota de maquereaux en 2026 ?
Depuis avril 2026, la pêche de loisir du maquereau commun est limitée à dix spécimens capturés et détenus par pêcheur et par jour dans les zones CIEM 4, 7 et 8.
Ce quota concerne les façades Atlantique, Manche et mer du Nord.
Il faut distinguer :
le quota de dix poissons pouvant être détenus ;
la taille minimale applicable ;
l’obligation de déclarer les captures ;
l’obligation de marquage des poissons conservés.
Une fois la limite atteinte, le pêcheur doit cesser de conserver des maquereaux. Une pêche destinée à multiplier les prises à relâcher doit également être évitée lorsque les poissons sont fragilisés ou profondément piqués.
Quelle réglementation concerne le bar en 2026 ?
La réglementation du bar varie selon la zone maritime.
Mer du Nord, Manche et eaux occidentales concernées
Dans les zones septentrionales réglementées :
du 1er février au 31 mars 2026, seule la capture suivie d’un relâcher immédiat est autorisée à la canne ou à la ligne à main ;
en janvier et du 1er avril au 31 décembre, trois bars maximum par pêcheur et par jour peuvent être conservés ;
la taille minimale de loisir est de 42 cm.
Golfe de Gascogne
Dans les zones CIEM 8a et 8b, la limite européenne est de deux bars conservés par pêcheur et par jour.
La taille minimale française de loisir est également de 42 cm sur la façade Atlantique.
Méditerranée
La taille minimale nationale du bar commun, appelé loup, est de 30 cm. Les quotas et restrictions locales doivent être vérifiés auprès des autorités compétentes et des gestionnaires d’espaces protégés.
Quelles règles concernent le lieu jaune ?
Le lieu jaune fait partie des espèces sensibles soumises à enregistrement et déclaration dans les zones CIEM 7 et 8.
Sa taille minimale de loisir est de 42 cm en mer du Nord, Manche et Atlantique.
Des limitations européennes ou nationales peuvent également encadrer sa conservation selon la zone et la période. Ces mesures pouvant évoluer, elles doivent être vérifiées avant chaque sortie ciblant cette espèce.
Ce qu’il faut retenir sur la réglementation 2026
Depuis le 12 février 2026, les pêcheurs concernés âgés de 16 ans et plus doivent s’enregistrer et déclarer leurs captures d’espèces sensibles.
Sur la façade Atlantique, Manche comprise, l’enregistrement concerne les pêcheurs qui ciblent les espèces définies pour leur zone. En Méditerranée, tous les pêcheurs de loisir âgés de 16 ans et plus sont concernés, à l’exception générale de la pêche à pied.
Les espèces sensibles comprennent notamment le bar, le lieu jaune, le maquereau, la dorade rose et la dorade coryphène selon les zones.
La déclaration doit être réalisée dans les vingt-quatre heures suivant l’heure exacte de la capture. Elle concerne aussi les poissons remis à l’eau.
Le maquereau est limité à dix spécimens par pêcheur et par jour dans les zones CIEM 4, 7 et 8. Les quotas du bar dépendent de la zone et de la période.
Enfin, la déclaration électronique ne remplace aucune autre obligation. Les tailles minimales, le marquage, les quotas, les fermetures, les autorisations spécifiques et les règles locales restent applicables.
Avant chaque sortie : vérifiez les règles officielles correspondant à votre zone, contrôlez votre enregistrement et préparez la déclaration des captures sensibles.