La pêche du calamar depuis le bord est une technique accessible, ludique et particulièrement intéressante lorsque de nombreux poissons deviennent plus difficiles à trouver près de la côte. Elle se pratique principalement avec une turlutte, aussi appelée calamarette ou egi, animée dans différentes couches d’eau.
Son principe paraît simple : lancer la turlutte, la laisser descendre, l’animer puis recommencer. Pourtant, la réussite dépend de plusieurs détails importants. Il faut choisir un modèle adapté à la profondeur, contrôler sa descente, repérer les touches souvent discrètes et maintenir une tension régulière pendant la remontée.
Dans ce guide complet, vous apprendrez à pêcher le calamar du bord, choisir votre matériel, comprendre les tailles de turluttes, animer correctement un egi, détecter les touches et éviter les principales erreurs des débutants.
Qu’est-ce que la pêche du calamar en eging ?
L’eging est une technique de pêche aux leurres destinée aux calamars, seiches et autres céphalopodes. Elle utilise des turluttes conçues pour imiter une crevette, un petit poisson ou une autre proie marine.
Une turlutte moderne comporte généralement :
un corps profilé ;
un lest placé sous la partie avant ;
de petites nageoires ou plumes stabilisatrices ;
un revêtement textile, lisse ou réfléchissant ;
une ou deux couronnes de pointes dépourvues d’ardillon ;
un anneau destiné à la fixation du bas de ligne.
Lorsqu’elle est animée, la turlutte produit des accélérations et des écarts latéraux. Pendant la pause, elle redescend selon un angle et une vitesse propres à sa conception.
Le calamar saisit généralement le corps de la turlutte avec ses tentacules. Les couronnes viennent alors maintenir la prise sans nécessiter un ferrage violent.
Le principe essentiel de l’eging : les tirées attirent le calamar, mais la descente et la pause lui offrent souvent l’occasion de saisir la turlutte.
Quelle différence entre un calamar et une seiche ?
Le calamar possède un corps allongé et se déplace fréquemment dans la colonne d’eau. Il peut chasser près de la surface, en pleine eau ou au-dessus du fond.
La seiche présente un corps plus large et fréquente souvent davantage les zones sableuses, vaseuses, mixtes ou proches du substrat. Elle peut néanmoins décoller du fond pour poursuivre une proie.
Les deux espèces peuvent être capturées avec une turlutte, mais leur recherche n’est pas toujours identique :
pour le calamar, prospectez plusieurs couches d’eau ;
pour la seiche, insistez davantage près du fond ;
pour les deux, surveillez attentivement les phases de descente ;
adaptez la vitesse de la turlutte à la profondeur et au courant.
À quelle période pêcher les calamars du bord ?
La saison dépend fortement de la région, de la température de l’eau et des déplacements des poissons fourrage. Il n’existe donc pas une période parfaitement identique pour toutes les côtes.
Sur de nombreux secteurs français, l’automne et l’hiver constituent des périodes importantes pour rechercher les calamars depuis le bord. Des captures restent cependant possibles plus tôt ou plus tard selon la façade et les conditions locales.
En automne
Les petits poissons se rapprochent régulièrement des ports, digues et secteurs rocheux. Les calamars peuvent suivre ces concentrations et devenir accessibles depuis la côte.
Prospectez d’abord les couches intermédiaires, puis rapprochez progressivement la turlutte du fond si aucune activité n’est détectée.
En hiver
Les eaux froides peuvent ralentir certains poissons, mais les calamars restent actifs sur de nombreux secteurs. Les pêches de nuit, les ports autorisés et les zones profondes proches du bord sont alors particulièrement recherchés.
Habillez-vous correctement et prévoyez du matériel permettant de manipuler les prises sans rester longtemps exposé au froid.
Au printemps
Les calamars peuvent encore être présents, selon les régions et leur cycle local. Les seiches deviennent également une cible intéressante sur certains fonds sableux et mixtes.
En été
De petits calamars peuvent être accessibles dans les ports, autour des éclairages et près des rassemblements d’alevins. Des turluttes compactes et une approche discrète sont alors souvent adaptées.
Quel est le meilleur moment de la journée ?
Le crépuscule
La baisse de luminosité peut déclencher une activité importante. Les petits poissons se déplacent et les calamars se rapprochent parfois des digues, entrées de port et bordures rocheuses.
Arrivez avant la nuit afin d’observer le poste, préparer le matériel et mémoriser les zones dangereuses.
La nuit
La nuit est une période classique pour cette pêche. Les zones éclairées attirent souvent de petites proies et peuvent concentrer les céphalopodes.
Ne pêchez pas uniquement au centre de la lumière. Prospectez également :
la limite entre lumière et obscurité ;
les zones situées sous les poissons fourrage ;
les côtés de la zone éclairée ;
les parties plus profondes à proximité ;
les bordures du courant.
L’aube
L’aube peut correspondre à une dernière phase d’activité avant que les calamars ne regagnent des zones plus profondes ou plus sombres.
La journée
Il est possible de prendre des calamars en journée, surtout dans les zones profondes, les eaux légèrement teintées, les secteurs ombragés et les postes riches en poissons fourrage.
Commencez alors votre prospection près du fond ou le long des structures qui offrent une réduction de luminosité.
Où pêcher le calamar depuis le bord ?
Les digues et les jetées
Les digues donnent souvent accès à une profondeur importante et à différents types de courants. Les calamars peuvent longer les enrochements, se placer à l’extrémité de l’ouvrage ou chasser dans les remous.
Prospectez successivement :
le pied de la digue ;
les zones parallèles à l’ouvrage ;
les angles ;
l’extrémité de la jetée ;
les rencontres de courants ;
les zones où se regroupent les petits poissons.
Les entrées de port
Les entrées de port concentrent les échanges d’eau et les déplacements de poissons fourrage. Elles offrent souvent davantage de profondeur que l’intérieur des bassins.
La navigation reste prioritaire. Ne lancez jamais dans la trajectoire d’un bateau et remontez immédiatement votre ligne lorsqu’une embarcation approche.
Les quais et bassins portuaires
Lorsque la pêche y est autorisée, les quais permettent une prospection précise des zones éclairées, des coques, des pontons et des variations de profondeur.
Commencez toujours par pêcher près de vos pieds avant de chercher la distance. Un calamar peut se tenir directement le long de la paroi ou sous un ponton.
Les pointes rocheuses
Les pointes donnent accès à des cassures et à des courants susceptibles de concentrer les proies. Elles permettent parfois d’atteindre rapidement une profondeur supérieure à celle des plages voisines.
Ces postes exigent une grande prudence, surtout la nuit. Une roche sèche à l’arrivée peut être recouverte par la marée ou une vague plus forte.
Les plages proches de zones rocheuses
Une plage seule peut sembler uniforme, mais la présence d’une digue, d’un herbier, d’une embouchure, d’un chenal ou de roches change complètement son intérêt.
Pour rechercher les seiches, prospectez les fonds sableux et mixtes avec une animation plus proche du fond.
Les zones éclairées
Les éclairages portuaires attirent de nombreux petits poissons. Les calamars peuvent se placer sous eux ou dans l’obscurité périphérique afin d’intercepter une proie.
Observez les mouvements des alevins. Une fuite soudaine, un banc qui se resserre ou des éclats argentés peuvent signaler la présence d’un prédateur.
Quelles conditions privilégier ?
Une mer calme à légèrement agitée
Une mer relativement stable facilite le contrôle de la turlutte et la détection des touches. Une petite agitation peut toutefois mettre les proies en mouvement et réduire la méfiance des calamars.
Une forte houle rend la pêche plus difficile et augmente les risques sur les digues et les côtes rocheuses.
Un courant modéré
Le courant déplace la turlutte et influence sa profondeur. Lorsqu’il reste modéré, il donne de la vie à la présentation sans empêcher son contrôle.
Si la turlutte dérive trop rapidement ou ne rejoint plus la profondeur recherchée, choisissez un modèle plus lourd ou changez d’angle.
Une eau relativement claire
Les calamars utilisent fortement leur vision pour chasser. Une eau claire ou légèrement teintée facilite généralement la présentation visuelle de la turlutte.
Dans une eau chargée, testez davantage de contraste, une finition lumineuse ou une animation déplaçant plus d’eau.
La présence de poissons fourrage
Les petits poissons représentent l’un des meilleurs indices. Un poste techniquement parfait peut rester vide si aucune proie n’est présente.
Quel matériel choisir pour débuter ?
La canne
Une canne spécifique à l’eging améliore la précision des animations et accompagne les mouvements du calamar pendant le combat.
Pour débuter, une longueur proche de 2,40 à 2,70 mètres constitue une base polyvalente depuis le bord.
Recherchez principalement :
un ensemble léger ;
un scion sensible ;
une action progressive ;
une réserve suffisante pour lancer les turluttes employées ;
une longueur facilitant le contrôle de la bannière.
Une canne à leurres relativement souple peut suffire pour débuter, à condition que sa puissance soit compatible avec le poids des turluttes.
Comment lire la puissance d’une canne eging ?
Les cannes dédiées indiquent souvent une plage de tailles, par exemple EGI 2.0–3.5. Cette indication correspond aux catégories de turluttes que la canne peut normalement lancer et animer.
Elle ne remplace pas les recommandations exactes du fabricant. Deux turluttes de même taille peuvent posséder des poids et des comportements différents.
Le moulinet
Un moulinet spinning de taille 2500 ou 3000 selon les fabricants équilibre généralement une canne d’eging polyvalente.
Il doit posséder :
un frein progressif ;
une récupération fluide ;
une bobine adaptée à une tresse fine ;
un poids raisonnable ;
une capacité suffisante sans être excessive.
La tresse
La tresse améliore la distance de lancer, la sensibilité et le contrôle de la turlutte. Une couleur bien visible aide à suivre les phases de descente, notamment à la tombée de la nuit.
Sa faible élasticité impose cependant de conserver une canne progressive et un frein qui laisse sortir un peu de ligne pendant les départs.
Peut-on utiliser du nylon ?
Oui. Le nylon apporte davantage de souplesse et pardonne mieux certaines erreurs de débutant. Il amortit les animations, les vagues et les mouvements du calamar.
Il est toutefois moins sensible et peut réduire la précision à grande distance.
Le bas de ligne
Un bas de ligne en fluorocarbone ou en nylon résistant à l’abrasion protège la tresse contre les roches, les coquillages et les structures portuaires.
Un diamètre approximatif de 24 à 30/100 constitue une base souvent utilisée, à adapter à la clarté de l’eau et au niveau d’encombrement.
Une longueur d’environ un à deux mètres est généralement suffisante. Utilisez davantage de résistance plutôt qu’une finesse extrême lorsque la turlutte passe près des roches.
La connexion à la turlutte
La turlutte peut être nouée directement au bas de ligne ou fixée avec une petite agrafe spécifique.
L’agrafe facilite les changements de taille et de couleur. Elle doit rester légère afin de ne pas perturber l’équilibre de la turlutte.
Comment choisir une turlutte ?
Le choix dépend principalement de la taille, de la vitesse de descente, de la profondeur, du courant et du contraste recherché.
La taille des turluttes
Les turluttes sont souvent classées par numéros, par exemple 2.0, 2.5, 3.0 ou 3.5. Une taille supérieure correspond généralement à une turlutte plus longue et souvent plus lourde.
Taille indicative | Utilisation courante | Avantage principal |
|---|---|---|
EGI 1.8 à 2.2 | Petits calamars, ports calmes, faible profondeur | Présentation discrète |
EGI 2.5 | Pêche légère et polyvalente | Bon compromis pour débuter |
EGI 3.0 | Postes moyens, digues et recherche générale | Distance et contrôle |
EGI 3.5 | Profondeur, vent, courant ou beaux calamars | Meilleure stabilité et visibilité |
Ces usages sont indicatifs. La vitesse de descente réelle reste plus importante que le numéro inscrit sur l’emballage.
La vitesse de descente
Deux turluttes de même taille peuvent descendre à des vitesses très différentes.
Une descente lente est intéressante :
dans une faible profondeur ;
au-dessus des herbiers ;
avec des calamars peu actifs ;
lorsque les touches surviennent pendant la pause ;
pour prolonger le temps de présentation.
Une descente rapide est utile :
dans une profondeur importante ;
avec du courant ;
par vent soutenu ;
pour rejoindre rapidement le fond ;
lorsque les calamars se tiennent bas.
Les modèles shallow, basic et deep
Les fabricants proposent parfois plusieurs densités :
shallow ou slow sinking pour les faibles profondeurs ;
basic pour les usages polyvalents ;
deep ou fast sinking pour les zones profondes et le courant.
Pour débuter, une turlutte standard ou légèrement lente est souvent plus facile à observer et à contrôler sur un poste peu profond.
Quelles couleurs de turluttes choisir ?
La couleur doit être considérée comme un contraste global associant le tissu extérieur, la base interne et les éventuels éléments phosphorescents.
Conditions | Coloris à tester | Objectif |
|---|---|---|
Eau claire et journée lumineuse | Naturel, bleu, argenté, vert, translucide | Imiter une proie réelle |
Crépuscule | Rose, orange, violet | Créer un contraste visible |
Nuit et zone éclairée | Naturel, sombre ou légèrement lumineux | Comparer silhouette et visibilité |
Eau teintée | Orange, rose, chartreuse, blanc | Augmenter le contraste |
Grande profondeur | Phosphorescent ou UV | Maintenir un signal visuel |
Calamars méfiants | Petite turlutte naturelle | Réduire la pression visuelle |
Pour commencer, emportez quelques familles réellement différentes plutôt qu’une grande collection de teintes presque identiques :
un coloris naturel ;
un rose ou orange ;
un modèle sombre ;
un modèle phosphorescent ;
plusieurs vitesses de descente.
Faut-il recharger les turluttes phosphorescentes ?
Les modèles phosphorescents peuvent être exposés brièvement à une lampe afin de recharger leur luminosité.
Il n’est pas nécessaire de les rendre extrêmement lumineux après chaque lancer. Une turlutte très brillante peut fonctionner, mais un signal plus discret peut parfois être préférable.
Comparez les deux approches plutôt que de recharger automatiquement le leurre au maximum.
Comment connaître la profondeur de sa turlutte ?
La méthode la plus simple consiste à compter pendant la descente.
Lancez la turlutte.
Fermez le pick-up ou contrôlez la sortie de ligne.
Comptez régulièrement les secondes.
Observez le moment où la bannière se détend.
Notez le temps approximatif nécessaire pour atteindre le fond.
Lors des lancers suivants, commencez l’animation avant ce temps total pour pêcher plus haut.
Par exemple, si la turlutte rejoint le fond en douze secondes, commencez à cinq ou six secondes pour prospecter une couche intermédiaire, puis ajustez selon les touches.
Le courant et l’angle de la ligne rendent ce calcul approximatif. Il reste néanmoins très utile pour reproduire une profondeur productive.
Comment détecter le contact avec le fond ?
Le contact peut être identifié par :
une bannière qui se détend ;
la tresse qui cesse de sortir ;
une légère vibration dans la canne ;
un déplacement latéral qui s’arrête ;
une sensation de poids stable.
Ne laissez pas la turlutte reposer longtemps. Ses couronnes peuvent s’accrocher aux algues, roches, cordages et débris.
Comment animer une turlutte pour débuter ?
La récupération linéaire lente
Il s’agit de l’animation la plus simple.
Lancez au-delà de la zone recherchée.
Laissez descendre la turlutte quelques secondes.
Commencez une récupération lente et régulière.
Maintenez le scion relativement bas.
Ajoutez éventuellement une courte pause.
Reprenez la récupération.
Cette méthode fonctionne particulièrement bien avec les turluttes conçues pour nager correctement en linéaire.
L’animation avec une ou deux tirées
Une fois la récupération linéaire maîtrisée, ajoutez des mouvements de canne.
Laissez descendre la turlutte.
Récupérez l’excédent de bannière.
Effectuez une tirée souple vers le haut.
Ajoutez éventuellement une seconde impulsion.
Abaissez la canne en récupérant la ligne.
Laissez redescendre la turlutte sous légère tension.
Recommencez après quelques secondes.
La récupération près du fond
Laissez la turlutte rejoindre le fond, puis décollez-la avec une ou deux tirées. Accompagnez sa redescente sans perdre complètement le contact.
Cette présentation est particulièrement intéressante pour les seiches et les calamars positionnés bas.
L’animation en pleine eau
Commencez l’animation avant le fond, puis conservez une cadence régulière. Comptez les secondes de descente afin de rester dans la même couche.
La récupération proche de la surface
Commencez à récupérer peu après l’impact. Utilisez une turlutte légère et maintenez une vitesse suffisante pour qu’elle ne descende pas trop.
Comment contrôler la descente ?
La descente peut être libre ou légèrement tendue.
La descente libre
La turlutte descend avec une grande liberté. Elle atteint plus rapidement la profondeur, mais les touches sont plus difficiles à détecter.
La descente sous tension
Le pêcheur conserve un contact léger avec la ligne. La turlutte suit une trajectoire plus inclinée et les variations de tension deviennent plus visibles.
Pour débuter, une légère tension représente souvent le meilleur compromis. Elle permet de conserver le contrôle sans bloquer complètement la chute.
Conseil pratique : observez autant la tresse que le scion. Une touche peut apparaître par un arrêt, une accélération ou un déplacement latéral de la ligne.
Comment reconnaître une touche de calamar ?
La touche ne ressemble pas toujours à celle d’un poisson. Elle peut prendre la forme :
d’un alourdissement soudain ;
d’une tension continue ;
d’un petit choc ;
d’une tresse qui se déplace latéralement ;
d’une descente qui s’arrête trop tôt ;
d’une ligne qui se détend anormalement ;
d’une impression que la turlutte est retenue.
Certains calamars saisissent la turlutte et restent presque immobiles. Le pêcheur ressent alors simplement un poids supplémentaire.
Faut-il ferrer un calamar ?
Un ferrage brutal n’est pas nécessaire. Les tentacules sont fragiles et les couronnes ne possèdent généralement pas d’ardillon.
Lorsque vous ressentez une charge :
relevez progressivement la canne ;
prenez contact sans donner de coup sec ;
commencez à mouliner régulièrement ;
gardez la ligne constamment tendue ;
laissez la canne et le frein amortir les mouvements.
Comment remonter un calamar sans le perdre ?
La régularité est plus importante que la vitesse.
ne créez jamais de mou dans la ligne ;
évitez les grands pompages ;
ne moulinez pas brutalement ;
accompagnez les départs ;
gardez la canne courbée ;
préparez l’épuisette avant l’arrivée au bord.
Le calamar peut produire plusieurs impulsions en expulsant de l’eau. Ne cherchez pas à les bloquer complètement.
Pourquoi utiliser une épuisette ?
Lorsque le calamar quitte l’eau, son poids est entièrement supporté par les tentacules piqués sur la couronne. Le risque de déchirure augmente fortement.
Une épuisette permet de soutenir la prise et de limiter les décrochages, surtout depuis un quai ou une digue élevée.
Placez le filet sous le calamar, puis relevez-le sans le poursuivre brutalement.
Comment éviter le jet d’encre ?
Un calamar peut conserver de l’eau et de l’encre après sa sortie.
Pour limiter les projections :
gardez-le orienté à l’opposé de votre visage ;
évitez de le diriger vers les autres pêcheurs ;
maintenez-le au-dessus de l’eau quelques instants ;
laissez-le expulser une partie de son eau ;
protégez les vêtements et le matériel électronique ;
préparez un seau ou un contenant adapté.
Comment prospecter un poste méthodiquement ?
Commencer près du bord
Effectuez quelques lancers parallèles à la digue ou au quai. Les calamars peuvent suivre les parois et les petits poissons concentrés contre les structures.
Prospecter en éventail
Décalez progressivement les lancers pour couvrir différents angles.
Commencer en pleine eau
Sur les premiers passages, laissez descendre la turlutte quelques secondes seulement.
Descendre progressivement
En l’absence de touche, augmentez le temps de descente par paliers.
Changer d’animation avant de changer de couleur
Testez d’abord :
une récupération linéaire lente ;
une ou deux tirées suivies d’une pause ;
une descente plus longue ;
une animation plus proche du fond ;
une cadence plus vive.
Changer de turlutte
Modifiez ensuite la vitesse de descente, la taille ou le contraste.
Se déplacer
Si aucun signe de vie n’apparaît après une prospection sérieuse, avancez le long de la digue ou changez de poste. Les calamars peuvent se concentrer sur une zone très limitée.
Comment pêcher autour d’un éclairage ?
Une stratégie simple consiste à diviser le poste en trois zones :
le centre éclairé : recherchez les calamars qui chassent directement dans les petits poissons ;
la bordure lumineuse : prospectez la transition où les prédateurs peuvent rester moins visibles ;
la zone sombre : laissez descendre davantage la turlutte et ramenez-la vers la lumière.
Les touches peuvent survenir au moment où la turlutte entre dans la lumière ou lorsqu’elle en ressort.
Comment pêcher dans le courant ?
Lancez légèrement en amont et laissez la turlutte descendre en traversant la veine d’eau.
Gardez la canne orientée vers la ligne et récupérez suffisamment de bannière pour conserver le contrôle.
Si le courant emporte trop rapidement le montage :
utilisez une turlutte plus lourde ;
réduisez le diamètre de la tresse si le matériel le permet ;
changez d’angle ;
pêchez une bordure moins rapide ;
raccourcissez les phases de descente.
Comment pêcher les seiches depuis le bord ?
Pour cibler davantage les seiches, recherchez les plages, ports et secteurs présentant un fond sableux, vaseux ou mixte.
Laissez régulièrement la turlutte rejoindre le fond, puis animez-la avec de petites tirées et de longues pauses contrôlées.
La seiche peut suivre le montage longtemps avant de le saisir. Une descente lente et stable est souvent intéressante.
Sur un fond encombré, réduisez le temps de contact afin de limiter les accrochages.
Les erreurs fréquentes des débutants
Choisir uniquement la couleur
La vitesse de descente et la profondeur sont souvent plus déterminantes que la teinte exacte.
Animer sans marquer de pause
Une succession continue de tirées attire peut-être le calamar, mais lui laisse peu de temps pour saisir la turlutte.
Faire des mouvements trop violents
De grands coups de canne peuvent rendre la présentation désordonnée et fatiguer inutilement le pêcheur.
Pêcher toujours au fond
Les calamars peuvent se trouver largement au-dessus. Prospectez progressivement toute la colonne d’eau.
Pêcher uniquement sous la surface
À l’inverse, une activité visible près de l’éclairage ne signifie pas que tous les calamars évoluent en haut.
Laisser la tresse complètement détendue
Les touches pendant la descente deviennent presque impossibles à détecter.
Maintenir une ligne trop tendue
Une tension excessive bride la chute de la turlutte et peut la faire revenir rapidement vers le pêcheur.
Ferrer violemment
Un coup sec peut déchirer les tentacules. Prenez progressivement contact.
Remonter par à-coups
Les changements de tension favorisent les décrochages. Moulinez régulièrement.
Soulever la prise par la ligne
Utilisez une épuisette, surtout depuis un poste élevé.
Négliger les couronnes
Une pointe tordue, émoussée ou couverte d’algues réduit fortement les chances de conserver la prise.
Insister trop longtemps au même endroit
La mobilité est importante. Les calamars peuvent se déplacer ou rester regroupés sur une petite portion du poste.
Comment adapter la technique aux observations ?
Observation | Ajustement conseillé | Objectif |
|---|---|---|
Touche pendant la descente | Allonger les pauses et conserver la même profondeur | Prolonger la phase productive |
Calamar qui suit sans saisir | Ralentir ou utiliser une turlutte plus petite | Faciliter l’approche |
Courant trop fort | Choisir une turlutte plus lourde | Retrouver le contrôle |
Nombreux accrochages | Réduire la descente ou utiliser un modèle plus lent | Rester au-dessus du fond |
Calamars proches de la surface | Commencer rapidement la récupération | Maintenir la bonne couche d’eau |
Aucune activité dans la lumière | Prospecter les bordures sombres | Rechercher des prédateurs en retrait |
Eau très claire | Coloris naturel et animation douce | Réduire la méfiance |
Eau teintée | Contraste, phosphorescence ou animation plus marquée | Améliorer la détection |
Ce qu’il faut retenir pour pêcher le calamar du bord
La pêche du calamar du bord est une technique accessible, mais la réussite dépend davantage du contrôle de la profondeur que de la multiplication des turluttes.
Commencez sur un poste offrant de la profondeur et une présence de poissons fourrage : digue, entrée de port, quai autorisé, pointe rocheuse ou zone éclairée.
Pour débuter, utilisez une turlutte polyvalente et une animation simple. Laissez-la descendre, effectuez une ou deux tirées, puis accompagnez sa chute sous légère tension.
Prospectez méthodiquement la colonne d’eau. Commencez sous la surface, augmentez progressivement le temps de descente et mémorisez la profondeur de chaque touche.
Une attaque se traduit souvent par un alourdissement, un arrêt de la ligne ou un déplacement latéral. Prenez contact progressivement, puis moulinez sans jamais détendre la ligne.
Enfin, utilisez une épuisette et préparez votre sécurité avant la nuit. Une digue productive ne doit jamais faire oublier la houle, le froid, les marées et les restrictions d’accès.





