Simple à monter, facile à animer et capable de localiser rapidement les poissons actifs, la pêche à la mitraillette constitue une excellente technique pour débuter en mer. Elle permet notamment de rechercher les maquereaux, chinchards, lieux et autres poissons évoluant en bancs.
La possibilité de capturer plusieurs poissons simultanément rend cette technique productive, mais elle impose aussi une manipulation rigoureuse. Pour débuter, un montage comportant trois hameçons est souvent plus simple et plus sûr qu’un long train de cinq ou six avançons.
Dans ce guide complet, vous apprendrez à pêcher à la mitraillette en mer, choisir le montage, adapter le matériel, trouver les bancs de poissons, animer correctement les plumes et éviter les principales erreurs.
Qu’est-ce qu’une mitraillette de pêche ?
Une mitraillette est un bas de ligne prêt à pêcher ou fabriqué à la main, comportant plusieurs courts avançons répartis sur une ligne principale.
Chaque avançon porte généralement un hameçon simple habillé avec un matériau attractif :
plumes naturelles ou synthétiques ;
fibres holographiques ;
filaments brillants ;
peau de poisson ou imitation de peau ;
petits tubes colorés ;
mini-leurres souples ;
perles fluorescentes ou phosphorescentes.
Une boucle ou un émerillon est placé dans la partie supérieure pour relier le montage au corps de ligne. L’extrémité inférieure reçoit un lest ou un leurre métallique.
Selon la technique, ce terminal peut être :
un plomb poire ;
un plomb allongé ;
une cuillère ondulante ;
un casting jig ;
un petit jig vertical ;
un plomb profilé limitant les accrochages.
Le principe essentiel : les différents hameçons doivent évoluer ensemble comme un petit banc de proies, sans s’enrouler autour de la ligne principale.
Pourquoi appelle-t-on ce montage une mitraillette ?
Cette appellation fait référence à la succession rapide des touches lorsque le montage traverse un banc actif. Plusieurs poissons peuvent saisir les différentes plumes pendant une même animation.
Le terme « train de plumes » décrit toutefois plus précisément le montage. Il rappelle que les hameçons sont disposés à la suite et habillés pour imiter de petites proies.
Les deux expressions sont couramment utilisées pour désigner la même famille de montages.
Comment fonctionne un train de plumes ?
Lorsqu’il est animé, chaque hameçon habillé produit de petits éclats, des vibrations et des changements de direction. La succession des leurres donne l’impression qu’un groupe d’alevins se déplace dans la colonne d’eau.
Le montage peut provoquer les poissons de plusieurs manières :
imitation d’un banc de poissons fourrage ;
reflets rappelant les écailles d’une proie ;
mouvements irréguliers pendant les tirées ;
descente attractive pendant les pauses ;
compétition entre les poissons d’un même banc ;
réaction réflexe face à plusieurs petites cibles.
Un jig ou une cuillère terminale ajoute une proie plus importante sous les plumes. Il peut lui-même être attaqué par un maquereau, un lieu, un bar ou un autre carnassier marin.
Quels poissons peut-on pêcher à la mitraillette ?
Le maquereau
Le maquereau est l’espèce emblématique de cette technique. Il se déplace en bancs et poursuit activement les petits poissons et crustacés.
Lorsqu’un premier maquereau est piqué, son agitation peut déclencher les autres poissons du groupe. Il n’est cependant pas nécessaire d’attendre systématiquement que tous les hameçons soient occupés.
Le chinchard
Le chinchard, également appelé saurel, répond très bien aux petites plumes brillantes. Il peut évoluer près du fond, en pleine eau ou sous les éclairages portuaires lorsque la pêche y est autorisée.
Le lieu jaune
Le lieu peut saisir les plumes ou le jig terminal autour des roches, épaves, tombants et zones de courant.
Utilisez un montage renforcé et limitez le nombre d’hameçons lorsque de beaux poissons sont possibles.
Le lieu noir
Le lieu noir forme parfois des groupes importants autour des structures et des poissons fourrage. Les mitraillettes solides, les anguillons et les petits leurres souples sont particulièrement adaptés.
La sardine
La sardine se recherche avec des montages très fins, portant de petits hameçons et des imitations discrètes de larves ou de micro-organismes.
Une mitraillette destinée au maquereau est généralement trop grossière pour cette pêche.
L’éperlan
De petits trains de plumes peuvent capturer les éperlans dans les ports, estuaires et zones côtières où leur pêche est autorisée.
Le hareng
Le hareng peut être recherché avec des montages fins adaptés à sa bouche et à la taille des proies présentes.
Le bar
Le bar peut attaquer une plume, un anguillon ou le jig terminal, notamment autour des chasses et des structures.
Lorsque le bar est la cible principale, préférez souvent un montage plus court et plus solide, portant moins d’hameçons.
La bonite et les petits pélagiques
Des bonites et autres prédateurs rapides peuvent saisir le terminal ou les plumes d’un montage renforcé. Leur puissance impose un matériel adapté et une grande prudence lorsqu’un autre poisson est simultanément accroché.
Combien d’hameçons utiliser pour débuter ?
Les trains du commerce comportent fréquemment quatre, cinq ou six hameçons. Cette configuration n’est pas obligatoire.
Commencer avec trois hameçons présente plusieurs avantages :
montage plus facile à lancer ;
moins d’emmêlements ;
manipulation plus sûre ;
décrochage plus rapide ;
moins de risques lorsqu’un poisson se débat ;
meilleur contrôle d’un gros poisson ;
prélèvement plus facile à limiter.
Depuis un petit bateau, un kayak ou une digue fréquentée, réduire le nombre d’hameçons améliore nettement le confort.
Vérifiez toujours le nombre maximal d’hameçons autorisé par la réglementation applicable à votre zone.
Où pêcher à la mitraillette ?
Les zones de chasse
Les oiseaux plongeant, les éclaboussures et les alevins fuyant à la surface indiquent souvent un banc de prédateurs.
Ne lancez pas directement sur les oiseaux. Placez le montage au-delà ou sur le côté de la chasse, puis faites-le traverser la zone active.
Les pointes rocheuses
Les pointes créent des courants et concentrent les poissons fourrage. Prospectez les bordures du courant, les remous et les cassures accessibles.
Les digues et jetées
Ces ouvrages donnent souvent accès à une profondeur importante. Les maquereaux et chinchards peuvent passer à différentes distances et hauteurs.
Commencez par prospecter la pleine eau, puis descendez progressivement en l’absence de touche.
Les entrées de port
Les échanges d’eau et les concentrations de petits poissons rendent ces zones intéressantes lorsque la pêche y est autorisée.
La navigation reste prioritaire. Remontez immédiatement le montage lorsqu’un bateau approche.
Quelle est la meilleure saison ?
La saison dépend de l’espèce et de la façade maritime. La technique peut fonctionner une grande partie de l’année, mais la présence des bancs côtiers varie fortement.
Au printemps
Les premières concentrations de poissons fourrage peuvent rapprocher maquereaux, chinchards et lieux des côtes.
Prospectez plusieurs profondeurs, car l’eau de surface n’est pas toujours la plus active.
En été
L’été est une période classique pour la pêche des maquereaux et chinchards depuis les digues et les bateaux côtiers.
Les chasses sont souvent plus visibles, mais les secteurs fréquentés demandent une grande prudence pendant les lancers.
En automne
Les bancs peuvent rester actifs et suivre les concentrations d’alevins. Les poissons sont parfois plus dispersés verticalement, ce qui rend le comptage de la descente particulièrement utile.
En hiver
La mitraillette reste efficace sur certaines espèces comme le lieu, le merlan ou le hareng, selon la région et les conditions.
La profondeur, la météo et la sécurité maritime deviennent alors les principaux facteurs limitants.
Quel moment de la journée privilégier ?
Le lever du jour
Les poissons fourrage peuvent se rapprocher de la surface et des bordures. Les premières heures offrent également moins de navigation et de fréquentation.
La journée
En bateau, la position du banc compte davantage que l’horaire. Un groupe localisé au sondeur peut rester actif en pleine journée.
Le crépuscule
Le maquereau et le chinchard peuvent chasser activement lorsque la lumière diminue. Les fibres brillantes et contrastées restent alors faciles à repérer.
Plomb, cuillère ou jig : que placer en terminaison ?
Terminal | Avantages | Utilisation conseillée |
|---|---|---|
Plomb poire | Simple, économique et stable | Verticale et apprentissage |
Plomb allongé | Descente rapide et moins d’accrochages | Courant et fonds irréguliers |
Cuillère ondulante | Ajoute des éclats et peut prendre un poisson | Lancer-ramener |
Casting jig | Excellente distance et descente rapide | Digue, chasse et pleine eau |
Jig vertical | Animation attractive sous le bateau | Épaves, cassures et bancs profonds |
Lorsque le terminal porte un hameçon, il faut compter cette pointe supplémentaire dans la gestion de la sécurité et de la réglementation.
Comment monter une mitraillette ?
Montage pas à pas
Déroulez la mitraillette : repérez son extrémité supérieure et son extrémité destinée au lest.
Contrôlez les avançons : vérifiez qu’aucun hameçon n’est emmêlé.
Inspectez les nœuds : recherchez toute abrasion ou déformation.
Reliez la partie supérieure : utilisez un nœud fiable ou une agrafe adaptée.
Fixez le terminal : ajoutez le plomb, la cuillère ou le jig.
Vérifiez la puissance de la canne : le poids total doit rester compatible.
Testez les raccords : exercez une traction progressive avant le premier lancer.
Technique 1 : pêcher verticalement depuis un bateau
Étape 1 : localiser les poissons
Utilisez le sondeur, observez les oiseaux et recherchez les structures susceptibles de concentrer les poissons.
Ne descendez pas automatiquement jusqu’au fond si le banc apparaît au milieu de la colonne d’eau.
Étape 2 : contrôler la descente
Libérez progressivement la ligne. Une descente totalement libre peut faire remonter les avançons autour de la ligne principale.
Ralentissez légèrement la bobine avec le doigt ou le frein prévu à cet effet.
Étape 3 : rejoindre la bonne profondeur
Arrêtez le montage à la hauteur du banc ou laissez le terminal toucher le fond avant de remonter légèrement.
Étape 4 : animer par tirées souples
Effectuez une remontée de canne mesurée, puis accompagnez la redescente.
Les plumes doivent accélérer, s’arrêter puis retomber comme de petites proies désorganisées.
Étape 5 : varier la hauteur
Remontez progressivement dans la colonne d’eau si aucune touche n’apparaît. Comptez les tours de manivelle afin de mémoriser la profondeur productive.
Quelle animation utiliser à la verticale ?
Les petites dandines
Effectuez de courtes impulsions de vingt à cinquante centimètres. Cette animation convient aux maquereaux et chinchards regroupés sous le bateau.
Les grandes remontées
Relevez la canne plus largement, puis accompagnez la chute. Cette méthode permet de couvrir une hauteur supérieure.
La récupération continue
Remontez régulièrement le montage sur plusieurs mètres. Les poissons peuvent attaquer pendant la montée.
La descente contrôlée
Laissez redescendre le train sous légère tension. Une touche peut se traduire par un arrêt, une accélération ou une déviation de la ligne.
L’animation lente
Lorsque les poissons sont peu actifs, réduisez l’amplitude et conservez davantage de pauses.
Les erreurs les plus fréquentes
Utiliser trop d’hameçons pour débuter
Un long montage est difficile à lancer, à ranger et à décrocher. Trois hameçons suffisent pour apprendre.
Choisir une mitraillette trop grosse
Des hameçons destinés au bar ou au lieu ne conviennent pas aux sardines et petits chinchards.
Choisir des hameçons trop petits
Un gros maquereau ou un lieu peut ouvrir un hameçon trop léger et endommager une ligne fine.
Descendre systématiquement jusqu’au fond
Les maquereaux et chinchards se tiennent souvent en pleine eau. Prospectez toute la colonne.
Ne pas contrôler la descente
Les avançons remontent et s’enroulent autour de la ligne principale.
Animer trop violemment
De grandes secousses créent des emmêlements et fatiguent inutilement le pêcheur.
Utiliser un poids trop léger
Le montage dérive loin de la zone et devient difficile à localiser.
Utiliser un poids excessif
La sensibilité diminue et la canne peut être surchargée.
Dépasser la puissance de lancer de la canne
Le poids cumulé du terminal et du montage peut provoquer une rupture au lancer.
Attendre systématiquement que tous les hameçons soient occupés
Cette attente augmente les blessures, les emmêlements et le nombre de captures non désirées.
Remonter par à-coups
Les poissons se décrochent et les avançons se croisent.
Saisir la ligne entre des hameçons libres
Un poisson qui se débat peut planter un autre hameçon dans la main.
Lancer sur une digue fréquentée
La longueur du montage rend les hameçons difficiles à contrôler. Un espace libre est indispensable.
Continuer après avoir prélevé suffisamment
Les bancs peuvent produire rapidement de nombreuses captures. Arrêtez ou changez de technique lorsque les besoins sont couverts.
Ce qu’il faut retenir sur la pêche à la mitraillette
La mitraillette, ou train de plumes, comporte plusieurs hameçons habillés qui imitent un groupe de petites proies. Un plomb, une cuillère ou un jig placé en terminaison permet de descendre ou de lancer le montage.
Elle cible principalement les poissons vivant en bancs, notamment le maquereau et le chinchard. La taille des hameçons et la solidité du bas de ligne doivent néanmoins être adaptées à l’espèce recherchée.
Depuis un bateau, descendez le montage sous le banc et animez-le avec des tirées souples suivies de descentes contrôlées. Depuis le bord, lancez puis récupérez en dents de scie à différentes profondeurs.
Ne pêchez pas systématiquement sur le fond. Les poissons peuvent se tenir près de la surface ou dans une couche intermédiaire. Après une touche, mémorisez le temps de descente ou le nombre de tours de manivelle.
Pour débuter, trois hameçons sont préférables à un long montage. La ligne est plus facile à lancer, moins sujette aux emmêlements et beaucoup plus sûre à décrocher.
Enfin, remontez dès que nécessaire au lieu d’attendre que tous les hameçons soient occupés. Cette pratique réduit les blessures, les prélèvements excessifs et les risques d’accident.
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