Comment ça se pratique
La turlutte imite une crevette blessée. On la lance, on la laisse couler en comptant, puis on anime par une série de coups de scion secs suivis d'une pause. C'est pendant la pause que tout se passe. La seiche vient se poser sur le leurre et l'enserre de ses bras ; elle ne mord pas, elle agrippe. La touche se traduit rarement par un coup franc, plutôt par une sensation de poids anormal ou une bannière qui refuse de reprendre sa place.
Il ne faut surtout pas ferrer. Un ferrage sec arrache les piques des bras et l'animal se décroche. Il faut simplement relever la canne pour engager les piques, puis ramener sans jamais relâcher la tension, canne haute, moulinet régulier. Toute mollesse dans la ligne se solde par un décrochage.
Le matériel de base
Une canne dite eging de 2,40 m à 2,60 m, fine et nerveuse, permet de donner les coups de scion secs qui font travailler la turlutte. Un moulinet taille 2500 garni de tresse fine, prolongé par un bas de ligne en fluorocarbone, complète l'ensemble. La tresse est indispensable : elle transmet les animations sans amortir et signale les touches molles.
Côté turluttes, la taille se choisit selon la saison et la profondeur. Les modèles plus petits conviennent aux animaux de début de saison et aux eaux peu profondes ; les tailles supérieures coulent plus vite et prennent les gros sujets de fin de saison. Prévoyez plusieurs vitesses de coulée, c'est le paramètre qui change le plus les résultats.
Le tenya, l'autre approche
Le tenya est une plombée armée sur laquelle on fixe un appât naturel, le plus souvent une crevette ou une lanière de poisson. Là où la turlutte joue sur l'imitation et le mouvement, le tenya joue sur l'odeur. C'est souvent l'arme du jour où rien ne marche, notamment sur les seiches méfiantes de fin de saison et sur les postes très pêchés.
Où et quand
Les céphalopodes fréquentent les fonds mixtes, les herbiers, les abords de ports et les digues. Les quais éclairés sont des postes réputés : la lumière attire le petit poisson, qui attire les prédateurs. C'est une des rares pêches où l'infrastructure portuaire joue en votre faveur.
La saison va globalement de l'automne au printemps, avec un pic quand l'eau se refroidit. La nuit et les heures autour du crépuscule sont les plus productives. Une eau claire aide beaucoup, la turlutte étant un leurre qui se pêche à vue par l'animal.
Les erreurs qui coûtent des captures
- Ferrer. C'est le réflexe qui décroche le plus de seiches. Relevez, ne ferrez pas.
- Relâcher la tension au ramené. La moindre bannière molle et l'animal se libère.
- Animer sans pause. La touche arrive presque toujours pendant la descente qui suit les coups de scion.
- Une seule turlutte dans la boîte. La vitesse de coulée doit s'adapter à la profondeur et au courant.
- Sortir la prise trop vite hors de l'eau. Le poids fait lâcher : utilisez une épuisette dès que la hauteur le justifie.
Réglementation
Seiche et calamar ne sont pas soumis aux mêmes tailles minimales que les poissons, mais des règles locales existent, en particulier sur les zones portuaires où la pêche peut être interdite ou limitée à certains horaires. Les quais commerciaux sont souvent d'accès réglementé. Renseignez-vous auprès de la capitainerie avant de pêcher dans un port.